La demi-tribu de Manassé est omise, sans doute pour plus de brièveté. Ou bien cette omission serait-elle l'indice que c'étaient les deux tribus voisines du passage du Jourdain, près de Jéricho (Gad et Ruben), qui avaient élevé l'autel ?
Donnèrent un nom à l'autel. Ou bien ce nom est omis, ou il est censé ressortir de la phrase suivante, où domine le mot de témoin. D'autres : Ils gravèrent une inscription sur cet autel, attestant qu'il était témoin de leur attachement à l'Eternel. Il faut alors prendre kara dans le sens de écrire qu'il a quelquefois.
Ce nom ou cette inscription devait servir de confirmation aux paroles prononcées par les Israélites de Galaad, et l'autel ne fut pas abattu. Il témoignait aussi de la ferme volonté qu'avait le peuple dans ces premiers temps de réagir contre le mal sous toutes ses formes, infidélité religieuse ou schisme politique. Enfin ce récit prouve, ce que nie la critique actuelle : que l'unité du culte central était un axiome de la conscience nationale. La critique est réduite, pour détruire cette preuve, à déclarer ce récit une légende postérieure. Mais il n'a aucun caractère propre à justifier ce soupçon.