2.18-32 Le retour de la grâce divine.
Le retour de la grâce divine est un fruit de l'acte d'humiliation et de prière qui vient d'être décrit. Il a lieu d'abord d'une manière prochaine et préalable, puis d'une manière finale et parfaite. Ainsi que dans la première partie, le jugement était présenté d'abord comme châtiment d'avertissement (chapitre 1), puis comme jugement de destruction complète (chapitre 2), il en est de même de la bénédiction. Et d'abord, comme bénédiction prochaine. Celle-ci renferme trois grâces :
- l'éloignement du fléau exterminateur qui menaçait, verset 20
- le rétablissement de la prospérité temporelle détruite, versets 21 à 27
- l'effusion de la pluie de l'Esprit comme préparation des derniers temps, versets, 28 à 32
La plupart des interprètes envisagent aujourd'hui les deux versets 18 et 19 comme une notice historique, par laquelle Joël ferait connaître au lecteur le résultat du jeûne solennel qui avait été publié. Il faudrait ainsi supposer un certain intervalle de temps écoulé entre ce qui précède et ce qui suit. Nous ne pouvons nous ranger à cette idée, d'abord parce que cette notice historique, survenant tout à coup et sans préparation, est en soi un fait très invraisemblable ; puis, parce que, dans cette supposition, le prophète aurait dû mentionner en quelques mots l'accomplissement réel de l'acte d'humiliation dont il avait pris l'initiative ; ce récit serait la condition indispensable des paroles suivantes, renfermant celui du retour de la faveur divine. Enfin la mention, au verset 19, des paroles mêmes prononcées par l'Eternel montre qu'il ne s'agit pas ici du récit d'un fait réel, mais que c'est le prophète qui continue à parler et qui met par avance ces paroles dans la bouche de Dieu, quand il se retournera vers le peuple à la suite de l'acte de pénitence de ce dernier. Tout est à venir. Les verbes au passé dans ces deux versets sont, comme si souvent, une représentation anticipée de l'avenir certainement attendu.