Chapitres 9 et 10 Réponse de Job à Bildad.
Cette réponse s'adresse aussi à Eliphaz, dont le point de vue n'a pas encore été examiné en face. Oui, certes, Dieu est juste ; c'est là un axiome que Job ne veut pas contester. D'autre part, il ne peut avouer des fautes qu'il n'a pas commises, et, puisque ses malheurs prouvent que Dieu le tient pour coupable il faut que la justice de Dieu soit d'une autre nature que la vertu que l'homme appelle de ce nom. C'est le droit du plus fort. Dieu fait ce qu'il veut et a toujours raison ; l'homme est impuissant.
Voilà à quelles pensées désespérantes Job en est réduit par la thèse de ses deux amis. Aussi, après avoir reconnu qu'il se trouve en face d'un pouvoir écrasant qu'il plaît à ses amis d'appeler de la justice (9.2-12), et s'être livré à un accès de révolte contre un tel Dieu (versets 13 à 35), va-t-il remplir de ses plaintes le chapitre 10 tout entier.
Je sais qu'il en est ainsi, c'est-à-dire que Dieu est juste (8.20).
Devant Dieu. Allusion à 4.17. Mais ici l'idée est légèrement différente : comment un homme serait-il juste en plaidant contre Dieu ? Il serait bientôt réduit au silence par une foule de questions qui l'étourdiraient en lui faisant sentir sa petitesse. C'est ce qui aura lieudans les chapitres 38 et suivants.