Conclusion.
Nous, mes amis et moi. Ce n'est pas une idée personnelle, mais c'est le résultat des longues réflexions de plusieurs.
Il en est ainsi... Eliphaz fait l'instituteur auprès de Job, qu'il traite comme un enfant qui s'est mal conduit.
Certainement ce premier discours d'Eliphaz est riche, non seulement en beautés littéraires, mais en solides et consolantes vérités. Souvent, dans la suite du débat, ses deux amis et Eliphaz lui-même reviendront aux grands principes posés dans ces deux chapitres : tout homme est pécheur ; tout homme doit souffrir ; l'insensé seul périt ; pour le coupable qui s'humilie, il y a une heureuse issue. Tout cela est incontestable, et la fin de notre livre donnera en particulier raison à cette dernière et consolante assurance. Il convenait, pour l'intérêt de la discussion qui va suivre, qu'elle s'ouvrît par des paroles qui montrassent que les amis, ou les adversaires, de Job n'étaient pas les premiers venus.
Toutefois Eliphaz a de grands torts : il en reste à des vérités générales et ne s'occupe pas assez du cas qu'il a sous les yeux ; il manque de compassion et ne semble pas se douter de la profondeur de l'abîme où Dieu a précipité l'un de ses plus fidèles adorateurs ; il lui lance l'épithète d'insensé et lui dit d'espérer, alors qu'à vues humaines il n'y a aucun espoir ; enfin on sent dans le discours d'Eliphaz des réticences : il aurait encore à dire des choses qu'il trouve bon de garder pour lui.