Chapitres 22 à 26 Troisième entretien.
La situation respective de Job et de ses amis change à partir d'ici. Dans son dernier discours, Job a affirmé que souvent le méchant est heureux jusqu'au bout. ; il a ainsi attaqué directement les opinions de ses amis. Son ton convaincu laissait déjà entrevoir que la victoire lui resterait. La troisième passe d'armes va décider de la chose. Eliphaz ne produit pas d'arguments nouveaux ; Bildad ne parvient qu'à ébaucher une courte répétition de lieux communs. Tsophar renonce à prendre la parole, et Job constate dans un discours final qu'il reste seul sur le champ de bataille.
Chapitre 22 Troisième discours d'Eliphaz.
Lors même qu'il ne peut opposer un démenti formel aux faits constatés par Job, Eliphaz n'est pas disposé à renoncer à un principe qui, s'il n'explique pas tout, résulte cependant de nombreuses observations. Aussi s'attaque-t-il aux exagérations qui ont signalé le dernier discours de Job. Il en est indigné et met de côté tout ménagement, tandis que précédemment il ne s'était permis que de simples allusions aux péchés de son ami (versets 2 à 10). Il lui conseille de ne pas abonder dans les pensées qu'il vient d'exprimer, de peur de partager le sort réservé aux méchants (versets 11 à 20) ; il termine en l'invitant à la repentance, qui lui procurerait le retour de la faveur divine et du bonheur (versets 21 à 30).
2 à 10 Ces premiers versets sont un raisonnement qu'Eliphaz estime infaillible. La conduite de Dieu n'est pas dictée par l'intérêt (versets 2 et 3) ; elle doit avoir sa cause dans l'homme. Mais cette cause, dans le cas spécial de Job, n'est évidemment pas la piété (verset 4). Si donc Job est très malheureux, c'est qu'il a commis de grands péchés (versets 5 et suivants).
2 et 3 Dieu ne retire aucun profit de la piété de l'homme ; c'est celui-ci qui en a tous les avantages.