Tu le lanceras... Symbole et gage de la ruine future de Babylone. Comparez 25.26, note.
Et ils s'y sont épuisés. Plusieurs envisagent cette répétition des derniers mots du verset 58 comme une faute de copiste. Mais en voici sans doute le sens : Et quand l'événement ainsi prédit (la ruine de Babylone) sera arrivé, alors on pourra redire sur le témoignage des faits la sentence que les deux prophètes avaient prononcée à l'avance : Oui, vraiment, ces pauvres nations, elles s'étaient exténuées en vain ! Par cette formule, qui résume son livre, Jérémie, le prophète des nations (1.5), proclame le néant de l'œuvre des Gentils qui ont travaillé pour eux-mêmes, c'est-à-dire sans Dieu et contre Dieu.
Jusqu'ici les paroles... Clôture du recueil des prophéties de Jérémie.
Remarque sur les chapitres 50 et 51.
L'authenticité de cette prophétie, qui annonce la ruine de Babylone au moment de sa plus grande gloire, a été fréquemment attaquée, et l'on a prétendu qu'elle avait dû être composée à la fin de l'exil par un Israélite témoin de la chute de l'empire chaldéen. Mais s'il en était ainsi, l'auteur aurait à ce moment fait mention des Perses ; car leur roi, Cyrus, fondait l'empire médo-persique, tandis qu'au temps de Jérémie les Mèdes seuls jouaient un rôle dans l'histoire du monde. Puis un témoin oculaire n'aurait pas décrit la ruine de Babylone comme aussi complète ; car cette ville, quoique vaincue, ne devait point disparaître encore ; Alexandre-le-Grand songeait à en faire la capitale de son empire ; au commencement de l'ère chrétienne il s'y trouvait encore une colonie juive très importante, et elle ne devint une solitude telle que la décrit Jérémie, que quelques siècles plus tard.