9 et 10 Jérémie doit plonger les grosses pierres dans le creux de chaux qui se trouve près de la tuilerie, dans le voisinage du palais de Pharaon ; et il annonce en même temps que ce sera là l'endroit où Nébucadnetsar, vainqueur de l'Egypte, dressera son trône pour prononcer ses sentences sur le roi d'Egypte et ses sujets. Cette image exprime la même pensée que ces mots : le roi de Babel, mon serviteur (verset 10). Nébucadnetsar agit, sans le savoir, comme instrument de l'Eternel ; il accomplit les jugements divins (27.6). Aussi est-ce Dieu lui-même qui fonde et affermit son trône. Ces pierres, que Dieu donne d'avance pour base au trône du roi de Babel par la main de Jérémie, contrastent avec les briques fragiles dont est construit le palais de Pharaon. On a demandé comment une tuilerie et un creux de chaux pouvaient se trouver près du palais royal. Pourquoi pas, si cet édifice était en ce moment en construction ou en réparation ?
Son tapis : le tapis magnifique sur lequel sera dressé son trône et qui recouvrira le lieu même où Jérémie a placé ces pierres. Quelques-uns ont voulu voir ici le tapis de cuir sur lequel se faisaient les exécutions et dans lequel on emportait les cadavres des victimes.
La conquête de l'Egypte par Nébucadnetsar est annoncée aussi par Ezéchiel 29.19 ; 30.10. Comme Hérodote n'en fait aucune mention, bien des savants ont nié qu'elle ait jamais eu lieu. Jusqu'à ces derniers temps on ne pouvait leur répondre que par un passage de l'historien babylonien Bérose, contemporain d'Alexandre-le-Grand. Nous pouvons faire mieux à cette heure. De deux inscriptions babyloniennes, récemment découvertes, l'une établit que Nébucadnetsar envahit l'Egypte au temps d'Hophra, en 572 avant J-C, exactement la date indiquée par Ezéchiel 29.17, (note). Le conquérant pénétra jusqu'à Syène et aux frontières de l'Ethiopie. D'après l'autre, Nébucadnetsar attaqua de nouveau l'Egypte quatre ans après. L'inscription conservée au musée britannique est endommagée. On peut. déchiffrer la dernière syllabe, su, probablement la fin du nom Amasu ou Amasis, successeur d'Hophra.