Cette parole, qui rompt le fil du discours, ne peut être mise que dans la bouche de l'Eternel ou dans celle du prophète. Dans le premier cas, le sommeil ne saurait être que le temps de l'exil. Mais comment un pareil sommeil pourrait-il avoir été doux au cœur de Dieu ? Le second sens est donc seul admissible. Ce verset marque une interruption dans la vision. Jérémie se réveille de l'extase où il était plongé durant la révélation précédente.
Je vis que mon sommeil..., littéralement : Je vis et mon sommeil. C'est ici un hébraïsme fréquent. Comparez Genèse 1.31 : Et Dieu vit... et cela était bon, pour : Et Dieu vit que.... En revenant à lui, Jérémie se rend compte de la suavité infinie des moments qu'il vient de passer. Après tant de révélations accablantes, des messages de jugements, il vient de contempler les ravissants tableaux de l'avenir messianique. Il a ainsi bénéficié le premier de la promesse du verset 25.