Perfide : elle est restée dans sa demeure, mais pour couvrir mieux son parjure. Juda avait conservé en effet le sanctuaire, les prêtres et tout l'appareil du culte de Jéhova. De plus, la dynastie de David s'était constamment maintenue à Jérusalem. Si donc Israël avait pu pécher par entraînement ou par ignorance, Juda avait volontairement trahi la foi jurée (Esaïe 48.8). L'intention du prophète n'est pas ici de censurer Israël, qui depuis longtemps n'existe plus comme peuple, mais de montrer combien la culpabilité de Juda est aggravée par l'exemple du châtiment d'Israël déjà consommé sous ses yeux : Juda la perfide l'a vu. Les expressions de ce morceau : as-tu vu ? (verset 6), je disais (verset 7), j'ai vu (verset 8), qu'on les rapporte au prophète ou à Dieu, marquent que Jéhova et son prophète sont les spectateurs indignés de la conduite d'Israël. Dieu regarde agir sa créature pendant un temps fixé par lui ; cela prouve qu'elle est libre dans certaines limites déterminées, et non pas que Dieu ne se soucie pas de l'homme.