Chapitres 25 à 29 : Le terme de la captivité.
Ce discours pourrait être appelé un chapitre de l'histoire universelle. Il marque une des dates cardinales de l'histoire ancienne (606). Nébucadnetsar et la puissance chaldéenne succèdent sur le théâtre du monde à l'Assyrie, dont la capitale, Ninive vient d'être détruite. Cette date partage également le ministère de Jérémie en deux périodes (voir l'introduction). C'est dès maintenant qu'il met ses prophéties par écrit (chapitre 36), et que, par les vues qu'il jette sur l'avenir des puissances étrangères dans le mouvement desquelles Israël va être complètement entraîné, il prend, pour ainsi dire, possession de son titre de prophète des nations (voyez 1.5,10, notes).
En effet, les fameuses soixante-dix années assignées par le prophète, dans le chapitre 25 comme dans la lettre qu'il adresse aux captifs (chapitre 29), à la durée de l'exil, n'intéressaient pas seulement Juda et Israël mais tous les peuples, puisqu'elles exprimaient en même temps la durée totale de la monarchie chaldéenne. Ainsi : Juda et tous les peuples qui l'ont frappé, asservis au roi de Babylone ; puis la puissance de Babylone elle-même recevant d'autres conquérants à venir la rétribution de ses longues injustices : tel est le tableau grandiose qui se déroule aux regards de Jérémie. C'est le point de départ de celui que contemplera le spectateur des révolutions des grandes monarchies, le prophète Daniel.
Division de ce chapitre :
- titre et dates, versets 1 et 2
- annonce d'une ruine qui fera disparaître le royaume de Juda pendant soixante-dix ans, versets 3 à 11
- mais qui sera suivie de la ruine de Babylone elle-même, versets 12 à 14
- la coupe de la colère est présentée à tous les peuples de la terre, versets 15 à 29
- le jugement ainsi figuré est annoncé en termes propres, versets 30 à 38.
La quatrième année de Jéhojakim. C'est la date de la bataille de Carkémis, où Pharaon Néco fut vaincu par Nébucadnetsar (voir introduction). Le morceau 46.1-12 présente le tableau animé de cette bataille, qui mit fin à la grandeur de l'Egypte. Nébucadnetsar poursuivit ses succès du côté de l'occident et soumit Jérusalem (voir introduction). C'est de ce moment où Juda fut soumis à la puissance chaldéenne que datent les soixante-dix années de l'exil auquel mit fin, en 536, l'édit de Cyrus.
La première de Nébucadretsar. Ce prince n'était encore que le co-régent de son père (qui mourut seulement l'année suivante), mais il exerçait déjà la plénitude du pouvoir royal.