Il y a ici une gradation dans le crime, répondant à la qualité sociale des coupables. Chacun fait précisément le contraire de ce que sa charge l'appelait à faire. Les sacrificateurs, ministres du sanctuaire, n'ont point cherché l'Eternel dans son sanctuaire ; ceux qui étaient chargés d'enseigner la loi, sacrificateurs et lévites, (Lévitique 10.11 ; Deutéronome 33.10) ne connaissent pas même celui qui l'a donnée ; les pasteurs, qui ici, comme dans Homère, désignent les chefs politiques de la nation, ceux qui devaient montrer le bon exemple, ont été, les premiers à rompre l'alliance de Jéhova (Achaz, Manassé, Amon) ; et, plus coupables même que tous les autres, les prophètes se sont faits ouvertement les prédicateurs de l'idolâtrie. Le participe thofesim, que nous avons traduit par : les dépositaires de la Loi, vient du, verbe thafas, qui signifie proprement saisir manier (la faux, la rame, l'arc), pincer (la guitare). Genèse 4.21. Le mot thofesim signifie donc littéralement ceux qui manient la loi, et suppose nécessairement la présence du livre de la loi dans leurs mains. Les passages Jérémie 18.18 ; Ezéchiel 7.26, que cite M. Reuss pour prouver qu'il s'agit seulement ici d'une instruction orale, et non d'un code écrit, ne fournissent point la preuve annoncée, puisque le verbe thafas ne s'y trouve pas.
On peut s'étonner qu'une pareille décadence du culte soit signalée sous le pieux roi Josias ; cela prouve que les réformes ordonnées par lui n'avaient pas été réellement acceptées par le peuple.