- Griefs du prophète contre le gouvernement divin, versets 1 à 4
- réponse de Dieu laissant provisoirement subsister le scandale, versets 5 à 6
- puis solution du problème par la punition imminente des méchants, versets 7 à 13
- et par la délivrance éternelle des fidèles soit en Juda, soit dans les nations païennes converties, versets 14 à 17
Ce morceau se rattache étroitement à ce qui précède. Les tentatives de meurtre des gens d'Anathoth contre le prophète ont fait naître dans son âme une plainte qui semble inculper la justice même de Dieu.
De tout temps le spectacle de ce monde a été une occasion de scandale pour la conscience humaine ; les succès insolents des méchants et les revers des justes sont une des objections les plus fortes qu'on puisse élever contre la Providence. Mais, tandis que les sages de ce monde ne savent qu'en tirer une occasion de doutes ou de blasphèmes, les hommes de Dieu apportent à Dieu lui-même toutes leurs plaintes ; c'est à Lui qu'ils demandent la solution des difficultés que leur raison rencontre. Ce n'est pas en effet la plainte que l'homme adresse à Dieu qui est offensante pour le Maître suprême ; c'est celle que l'homme retourne en lui-même ou dont il se fait l'écho auprès de ses semblables.
Tu es juste. Le prophète reconnaît et établit avant tout que la justice divine reste au-dessus de ses griefs ; s'il s'agissait d'un procès à intenter à Dieu, il sait bien que Dieu ne manquerait pas de le gagner. Il désire seulement soulager son cœur en s'entretenant avec lui des questions de droit qui le troublent ; c'est ce qu'il entend par cette expression : parler justice avec toi.
Tous les hommes de Dieu ont eu avec lui de ces audacieuses familiarités que Dieu a cependant accueillies, parce qu'elles partaient de cœurs droits et dévoués à sa gloire. Comparez Job 10.2-22.