Après avoir dénoncé les jugements de Dieu aux oppresseurs, Jacques adresse des paroles de consolation aux opprimés. Il les exhorte à une attente patiente, car l'avènement Seigneur est proche. Son retour sera pour eux la pleine délivrance, comme il sera pour les injustes une ruine certaine.
Ce n'est certes pas de cette ruine que les chrétiens doivent se réjouir, mais bien de la cessation du désordre et de l'iniquité, du triomphe du règne de Dieu et de la rédemption finale de ses enfants. Ce moment solennel, où le Seigneur viendra dans son règne, est la vraie consolation que les apôtres offrent sans cesse dans leurs écrits aux chrétiens éprouvés. (Romains 13.11 ; 1Pierre 1.4,5 ; 4.7 ; 2Pierre 3.11 Et suivants)
Ils pouvaient sans craindre de se tromper, leur répéter : L'avènement du Seigneur est proche. (1Thessaloniciens 4.15, 2e note.) Jacques leur donne comme modèle l'attente pleine de confiance du laboureur, qui, après avoir mis sa semence en terre, prend patience jusqu'à ce qu'elle ait reçu la pluie de l'automne et celle du printemps.
C'est ainsi qu'il faut traduire les mots grecs : la (pluie) précoce ou matinale et la tardive. Il y a en Orient, en effet, deux saisons des pluies : l'une dans les mois d'octobre à décembre, aussitôt après les semailles, l'autre en mars et avril, précédant et préparant la moisson. (Deutéronome 11.14 ; 28.12 ; Jérémie 3.3 ; 5.24)
La plupart de nos versions (sauf celle de Stapfer) intervertissent l'ordre dans lequel notre texte indique ces deux saisons de pluies en mettant la pluie du "printemps" avant celle de "l'automne" ou de "l'arrière saison." Tant que l'une ou l'autre de ces pluies, les seules de l'année, n'ont pas arrosé la terre, le laboureur ne peut en récolter le fruit.
Combien plus le chrétien peut-il, avec une pleine certitude de foi, prendre patience jusqu'au jour de la moisson, d'une moisson bien plus assurée pour lui que ne l'est celle de la nature pour le cultivateur.
- La plupart des éditeurs, se fondant sur Sin., B. omettent le mot pluie qui se lit dans A, majuscules Quelques interprètes rapportent les adjectifs au mot fruit (qui est répété à cette place dans le Sin.), et traduisent : "le (fruit) précoce et le tardif." Il est plus probable qu'il faut sous-entendre le mot pluie.