Jacques cite ces deux commandements, parce qu'ils sont les deux premiers de la seconde table, qui renferme les devoirs envers le prochain. Il intervertit leur ordre, mettant la défense de l'adultère avant celle du meurtre, conformément à une ancienne tradition, suivie également dans Marc 10.19 ; Luc 18.20, note ; Romains 13.9.
Faillir, ou broncher, ou tomber, en un seul commandement rend coupable à l'égard de tous. Jacques justifie ce jugement par la pensée que tous les commandements de la loi émanant du même Législateur suprême, c'est sa volonté sainte tout entière qu'on foule aux pieds par cette violation, quel qu'en soit d'ailleurs l'objet.
Il aurait pu ajouter que ce principe absolu est approuvé par la conscience ; car quiconque peut violer volontairement un seul point de la loi, peut en violer un autre, et tous successivement, selon l'occasion.
Cette unité de la loi se montre avec évidence dans le cas supposé, où il s'agit du commandement qui prescrit l'amour du prochain : ce commandement transgressé, toute la loi est violée dans son essence, alors même qu'on en observerait extérieurement tous les préceptes, car "Dieu regarde au cœur."
C'est toujours un signe que l'Eglise retombe dans les aberrations du pharisaïsme, quand on y voit apparaître l'aride casuistique qui place l'observation de la loi, non dans le cœur, mais dans les minutieuses prescriptions d'une morale sans amour comme sans liberté. (verset 12)