L'auteur a déjà auparavant désigné Jésus-Christ comme un médiateur ; (Hébreux 8.6) ici il déclare comment, pourquoi il est médiateur. Il s'est offert lui-même, (Hébreux 9.14) c'est pourquoi il est médiateur, et il a fallu que la mort du médiateur intervint.
L'auteur introduit ainsi le développement, dans lequel il examine sous ses diverses faces grand fait qu'il vient d'énoncer.
1° Par son sacrifice, Christ est médiateur d'une nouvelle Alliance ; (Hébreux 9.16)
2° tout testament n'a sa force que par la mort du testateur ; (Hébreux 9.16,17)
3° la première Alliance fut confirmée par l'effusion du sang la nouvelle a dû l'être de même, (Hébreux 9.18-24)
4° mais avec cette grande différence, que le sacrifice de Christ ayant une efficace perpétuelle, il ne s'offre lui même qu'une seule fois. (Hébreux 9.25-28)
- On remarquera que si jusqu'ici l'auteur a opposé l'Alliance ancienne à la nouvelle, (Hébreux 7.22 ; 8.6-10 ; 9.1-4) dans Hébreux 9.16,17 il emploie le même mot grec dans le sens de testament.
Quelques exégètes ont voulu, il est vrai, revendiquer pour ce mot, même dans Hébreux 9.16,17, le sens d'alliance. Mais leurs efforts sont vains ; cette interprétation est inadmissible.
Le fait est que le terme grec désigne toute disposition authentique, qu'elle soit établie entre deux parties, engagées ainsi l'une envers l'autre (pacte, contrat, alliance), ou qu'elle provienne d'un seul, qui déclare ainsi sa volonté, ses intentions (disposition testamentaire, testament). Le mot ayant ces deux acceptions, l'auteur passe de l'une à l'autre pour les besoins de son argumentation.
Le procédé peut se justifier si l'on ne s'arrête pas à la logique formelle, mais si l'on considère la nature même de l'institution désignée par ce terme à double entente. Car si, d'une part, les rapports de Dieu avec son peuple, surtout dans l'économie ancienne, ont les caractères d'une alliance, avec ses conditions mutuelles (voir, par exemple, Hébreux 8.8-10), il n'est pas moins évident que, de plus en plus, ces rapports, fondés sur la grâce pure et gratuite de Dieu, sur son œuvre de miséricorde qu'il accomplit tout entière, deviennent, de sa part, une déclaration authentique de sa volonté miséricordieuse, un testament. (Voir aussi Hébreux 8.10,Galates 3.15-17 ; comparez Matthieu 26.28, et l'Introduction générale au Nouveau Testament, tome I)
Grec : reçoivent la promesse (accomplie) de l'héritage éternel. (Comparer Hébreux 6.13) Parce que les péchés commis sous la première Alliance n'étaient expiés qu'en figure et non en réalité, il a fallu que la mort du médiateur eût lieu, afin que la promesse s'accomplît, c'est a dire que l'héritage éternel (Hébreux 5.9 ; 1Pierre 1.4) fût vraiment acquis à ceux qui sont appelés. (Comparer Romains 3.25 ; Jean 16.7)
Et si le peuple de Dieu avait besoin de ce sacrifice pour ses péchés, à plus forte raison toutes les autres nations de la terre.