L'intention de l'auteur est de confirmer son assertion que Christ, sur la terre, ne pouvait être sacrificateur : il ne pouvait se substituer aux sacrificateurs lévitiques, car ceux-ci sont établis selon la loi, (Hébreux 8.4) et de plus, ils ne desservent pas un sanctuaire quelconque, mais un sanctuaire qui est l'image et l'ombre du sanctuaire céleste, comme le montrent les prescriptions divines données à Moïse lorsqu'il dut le construire.
Les mots (grec) image et ombre des célestes, appliqués au sanctuaire terrestre, ne sont pas destinés à marquer son infériorité, mais, au contraire, à indiquer ce qui lui donnait un caractère unique et ne permettait pas d'en élever un autre à côté de lui.
Les interprètes qui traduisent : "Eux qui servent (Dieu) dans ce qui n'est qu'une image et une ombre des choses célestes," ont beaucoup de peine à établir d'une manière satisfaisante l'enchaînement des pensées.
Le mot modèle ou type, qui se trouve ici pour la première fois dans notre épître, exprime l'idée dominante de Hébreux 9 et Hébreux 10. Le modèle du tabernacle fut montré à Moïse sur le Sinaï, probablement en une vision.
On peut se demander si Moïse contempla le ciel même, qui aurait revêtu à ses yeux la forme d'un temple, ou une image quelconque d'après laquelle il devait construire le tabernacle.
Il faut éviter de trop matérialiser la pensée de notre auteur qui cite, d'après les Septante, la déclaration de Exode 25.40, reproduite à plusieurs reprises (Exode 25.9 ; 26.30 ; 27.8 ; comparez Actes 7.44), et qui a soin d'ajouter que le tabernacle était une image et une ombre des réalités célestes.
Mais, d'autre part, Moïse contempla un modèle ; le tabernacle qu'il construisit n'était pas une simple imitation des sanctuaires qu'il avait vus en Egypte ; ce tabernacle était un édifice ayant sa signification propre, le symbole visible de pensées dignes, sous la seule forme où elles pussent être exprimées alors. Ces pensées divines, l'auteur les développe dans toute notre épître et surtout aux chapitres 9 et 10, elles se sont accomplies dans les grands faits de notre rédemption en Jésus-Christ.
- Ce qui importe à l'auteur et à son argumentation c'est de bien convaincre ses lecteurs que le tabernacle et tout le culte qui s'y célébrait avaient été prescrits par Dieu même, mais pour exprimer des pensées qui devaient être réalisées en JésusChrist.
Image et ombre des choses célestes, ce culte pouvait-il les retenir loin de l'Evangile qui en est la réalité ? (Comparer Hébreux 8.6-13)