Pour le raisonnement que poursuit l'auteur dans Hébreux 8.3-6, voir l'analyse ci-dessus.
Qu'est-ce que Jésus, en sa qualité de souverain sacrificateur a à offrir ?
Les uns répondent : Le sacrifice de luimême sur la croix ; et, en conséquence, ils mettent au passé le verbe sous-entendu en grec : "Il était nécessaire que celui-ci aussi eût quelque chose à offrir." Mais ce sacrifice a été offert une fois pour toutes (Hébreux 7.27) sur la terre, et, dans notre passage, (Hébreux 8.1,2) l'auteur considère Jésus comme officiant dans le tabernacle céleste.
Aussi d'autres interprètes estiment-ils que c'est son intercession que Jésus offre d'une manière permanente dans le ciel. (Hébreux 7.25)
Cette seconde interprétation prête à deux objections. D'abord l'intercession de Christ n'est pas proprement un sacrifice offert à Dieu. Puis on peut difficilement exclure de notre passage la pensée de la mort du Rédempteur, si l'on considère, d'une part le parallèle établi entre Jésus et les sacrificateurs et, d'autre part, ce que l'auteur vient de dire, (Hébreux 7.27) et ce qu'il dira plus loin (Hébreux 9.11 et suivants) du souverain sacrificateur de la nouvelle Alliance.
Ces passages montrent qu'il unit étroitement l'idée de l'immolation du Christ sur la terre à celle de son office permanent de sacrificateur dans les cieux. En effet, comme le remarquait déjà Calvin, quand il"traite de la mort de Christ, il ne regarde point à l'acte extérieur, mais au fruit spirituel...Christ mourait sur la terre, mais la vertu et efficace de sa mort provenait du ciel."
L'auteur pourra ainsi comparer le rôle de Christ dans le ciel avec l'office du souverain sacrificateur au jour des expiations et nous le montrer entrant dans le tabernacle céleste "avec son propre sang." (Hébreux 9.12)