Chapitre 7. 1 à 10
Melchisédek supérieur à Abraham et aux lévites.
Voir Hébreux 5.6,10 ; 6.20. En déclarant (Hébreux 5.11) qu'il avait beaucoup à dire sur ce passage du Psaumes 110.4 qu'il venait de citer, l'auteur préparaît ses lecteurs à un sujet nouveau, auquel il allait passer c'est-à-dire la supériorité de la sacrificature de Christ sur celle des lévites.
Par les reproches qu'il leur a adressés sur leur lenteur à comprendre, il a réclamé toute leur attention pour ce sujet qu'il va exposer maintenant. Il prend pour point de départ, non seulement l'histoire de Melchisédek (Genèse 14.18 et suivants) mais surtout le passage du Psaumes 110, où le prophète considère déjà ce roi de Salem, ce roi de justice, comme un type du Messie qu'il annonce.
Dès les premiers versets (Psaumes 110.1-3) l'auteur indique en quoi Melchisédek était à ses yeux un symbole de Christ. Son nom, ses titres, le silence que la Genèse garde sur son origine et sur son rôle dans l'histoire, tout cela est significatif aux yeux de notre auteur.
Melchisédek n'avait aucun droit à la sacrificature, qui plus tard fut instituée uniquement dans la famille d'Aaron ; et pourtant Abraham, le père des croyants, le reconnut comme sacrificateur du Dieu souverain, d'où le psalmiste, et notre épître après lui, concluent qu'il y a une sacrificature indépendante des institutions lévitiques, une sacrificature directement établie par Dieu qui n'est nullement liée à une descendance humaine, qui repose uniquement sur la volonté et le conseil éternel de Dieu ; une sacrificature enfin qui devait un jour être parfaitement réalisée sur la terre, et qui eut en Melchisédek sa réalisation temporaire et symbolique.
Or, cette sacrificature "selon l'ordre de Melchisédek" est ici opposée à la sacrificature "selon l'ordre d'Aaron" (Hébreux 7.11) ou de Lévi ; la première est infiniment supérieure à la dernière, qui n'en était que l'image imparfaite ; bien plus, la première a été complètement substituée à la dernière.