Le mot que nous rendons par élevé à la perfection, que d'autres traduisent par étant accompli, consommé, et nos anciennes versions, d'après Calvin, par consacré, revient souvent dans notre épître, appliqué tantôt aux chrétiens, (Hébreux 10.10-14 ; 11.40 ; 12.23) tantôt au Sauveur lui-même. (Voir, outre notre verset, Hébreux 2.10 ; 7.28)
Ce mot signifie, d'après son étymologie, être parvenu au but, être achevé, rendu parfait, et doit s'entendre au sens religieux et moral.
Lorsqu'il s'agit des enfants de Dieu, ce terme indique le moment où, affranchis de tout péché, et de toutes les suites morales du péché, il n'y a plus pour eux de combat, mais le repos après la victoire, l'union complète avec Dieu dans la sainteté, l'amour, la joie.
Appliqué au Sauveur, ce verbe exprime :
1° son affranchissement de toutes les infirmités de la chair, de notre nature qu'il avait revêtue ;
2° dans un sens plus intime encore, l'harmonie parfaite de sa volonté avec la volonté de Dieu, surtout dans les souffrances, l'obéissance, le renoncement, le sacrifice de lui-même, comme souverain Sacrificateur ; (Hébreux 5.8 ; 2.10)
3° sa glorification, la possession pleine et entière de la gloire et de la félicité du ciel qu'il s'est acquises, en tant qu'homme, par ses combats et sa victoire.
Tel est le sens du mot dans notre passage et dans Hébreux 7.28.
- Mais Christ n'est jamais considéré comme isolé de ses rachetés : tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il a, tout ce qu'il est, ses rachetés y ont part et le possèdent en lui. C'est pourquoi l'auteur peut tirer de l'élévation de Jésus à la perfection cette conclusion : il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel.
Il n'y a pas ici, comme partout ailleurs : "pour ceux qui croient ;" car l'auteur, venant de parler de l'obéissance du Christ, qui à été pour lui le chemin de la gloire, tient à indiquer que ceux qui croient en lui doivent le suivre dans cette même voie, la seule qui conduise là où il est. Il est évident qu'on ne peut le suivre que par une foi vivante, mais cette foi, c'est l'obéissance même, comme l'incrédulité, c'est la révolte. (Hébreux 3.12, 2e note.)