Ces paroles, qui indiquent clairement la cause et de l'incarnation et de la mort de Jésus-Christ, se rattachent encore à Hébreux 2.10, et expliquent, ainsi que les versets suivants, pourquoi "il convenait" que l'auteur du salut fût "consommé par la souffrance."
Il a dû participer à notre nature afin que, par sa mort, il anéantit celui qui a la puissance de la mort ; voilà la rédemption objective accomplie sur la croix. Par là, il délivre tous les jours encore ceux qui trouvent dans la crainte de la mort une affreuse servitude ; voilà la rédemption subjective, personnelle, accomplie dans tous les croyants.
Ce n'est pas seulement la mort que le Sauveur devait détruire par sa victoire, mais celui qui a la puissance de la mort, le diable. Satan est le prince de la mort, car par lui "le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort." (Romains 5.12) Jésus-Christ enseigne la même vérité. (Jean 8.44)
La mort n'est point seulement la destruction du corps, mais la ruine de l'âme. (Comparer Romains 1.32, note ; Romains 5 ; 12, 2e note.) Satan est l'auteur de la mort temporelle et éternelle ; en lui le royaume des ténèbres trouve son unité et son chef.
Tant qu'il reste sous la domination du péché, l'homme est toute sa vie assujetti à la crainte de la mort et de la condamnation, comme à une servitude tyrannique. Si cette crainte ne se manifeste pas en tous également, si, à force de légèreté, de distractions mondaines, d'oubli de Dieu et d'eux-mêmes, beaucoup d'hommes parviennent à s'y soustraire pendant un temps, ce n'est que pour se préparer un réveil d'autant plus terrible, et leur vie sans Dieu est un effet indirect de la servitude dont parle ici l'apôtre.
C'est d'un tel état que Jésus-Christ a délivré les croyants. Par sa mort, il a expié leurs péchés, il les a réconciliés avec Dieu, et leur a rouvert les sources du pardon ; et par sa résurrection, en triomphant de la mort, en devenant les prémices de leur propre résurrection, de leur vie éternelle, il a pleinement accompli leur délivrance. Ils peuvent mourir avec lui, ressusciter avec lui, marcher avec lui dans une vie nouvelle, et rien ne saurait plus leur nuire. (Comparer les notes sur Romains 5.6-10 ; 6.4-6 ; 8.1 ; 2Corinthiens 5.19-21 ; Ephésiens 2.14,15)