Ce n'est pas là seulement un argument a fortiori, signifiant : puisque nos pères selon la chair nous ont corrigés et que nous les avons respectés, ne serons nous pas soumis, à bien plus forte raison aux corrections de Dieu, qui est infiniment plus sage et plus saint que nos pères ?
La comparaison a, dans la pensée de l'auteur, une portée plus profonde. Les pères de notre chair, que nous avions eus pour correcteurs ou éducateurs (ainsi porte le grec), ces auteurs de notre vie naturelle, après nous l'avoir donnée ne pouvaient rien faire de plus ; avec quelque soin qu'ils s'appliquassent à notre éducation, ils ne pouvaient nous communiquer la vie de l'âme.
Mais le Père des esprits, (Nombres 16.22) celui de qui procède toute vie spirituelle, atteint un tout autre but par le moyen éducateur de l'épreuve : il fait vivre, vivre de la vie véritable, éternelle, ceux qui se soumettent, comme ses enfants, à la discipline de son amour et de son Saint-Esprit. (Hébreux 12.10 ; comparez Romains 8.13)
L'auteur considère ce précieux fruit de l'éducation divine par l'épreuve comme un fait incontestable : et nous vivrons ! (Comparer Hébreux 10.38)