Ce raisonnement est concluant. Le langage de l'auteur trahit une sainte indignation, une secrète terreur : Quelqu un ayant violé (grec annulé, supprimé par ses actes) la loi divine donnée par Moïse est mis à mort sans miséricorde ; son crime équivaut au rejet de toute la loi, à une apostasie ; aussi sera-t-il condamné et exécuté sur la déposition de deux ou de trois témoins (allusion à Deutéronome 17.2-7) : combien n'est il pas plus coupable, celui qui rejette infiniment plus que la loi !
Fouler aux piedsle Fils de Dieu, c'est un acte public de mépris et de haine. (Matthieu 5.13,7.6)
Tenir pour profane le sang de l'Alliance, (Marc 14.24) c'est méconnaître la sainteté divine du sacrifice de Christ, après avoir vu clairement que l'on pouvait être sanctifié par ce moyen, et même avoir éprouvé, jusqu'à un certain point, la puissance de sanctification qui réside en lui ; c'est assimiler la mort de Christ à celle de tout homme pécheur, et même à celle d'un blasphémateur justement condamné pour s'être dit le Fils de Dieu, puisque ce fut là le motif de sa condamnation, et que c'est sa divinité qui donne à son sacrifice son efficace sanctifiante.
Outrager l'Esprit de la grâce, c'est s'endurcir contre l'action de cet Esprit de Dieu, (Hébreux 6.4) qui nous approprie le sacrifice du Sauveur, et qui est le moyen puissant de la grâce (Hébreux 4.16) divine. C'est ce que Paul appelle "attrister, éteindre l'Esprit.." (Ephésiens 4.30 ; 1Thessaloniciens 5.19)
Et cette résistance peut aller, selon le degré de lumière et d'expérience personnelle, jusqu'au péché que Jésus-Christ nomme "le péché contre le Saint-Esprit." (Matthieu 12.32 Comparer 1Jean 5.16,17)
La culpabilité d'une telle conduite dépasse celle du rejet de la loi de Moïse, dans la mesure où le Fils de Dieu est plus grand que Moïse, et l'Esprit de la grâce plus efficace que la Loi pour garder du mal et sanctifier.