Psaumes 104.6. L'hébreu porte : "Il fait des vents ses anges et des flammes de feu ses ministres," c'est-à-dire que Dieu se sert même de ces éléments de la nature pour exécuter ses volontés.
Mais les Septante ont compris ces paroles autrement et leur ont donné un sens qui convient à l'argumentation de notre auteur. On ne voit point, en effet, pourquoi il exprimerait ici la pensée que Dieu se sert des forces de la nature pour accomplir ses desseins. Il veut dire, au contraire, que Dieu fait des anges ses serviteurs, leur donnant la vitesse des vents et l'ardeur du feu pour exécuter sa volonté. Elles sont grandes, sans doute, ces pures intelligences qui assistent devant lui, mais pourtant ce sont des envoyés et des serviteurs, (Hébreux 1.14) tandis que le Fils est le Maître souverain, et l'Ecriture lui donne les noms et les attributs de Dieu même. (Hébreux 1.8)
- D'autres, considérant que, dans les deux citations suivantes, c'est l'immutabilité du Fils et l'éternité de son règne qui sont mises en relief, pensent que l'auteur relève la nature changeante des anges : ce sont des êtres qui n'ont pas d'existence propre, ils sont à chaque moment ce que Dieu veut qu'ils soient. Les deux explications ne s'excluent pas d'ailleurs : aux anges, serviteurs et sujets aux transformations, est opposé le Fils souverain et immuable.