Dans le chapitre précèdent, l'apôtre a exposé au long ce profond contraste de la chair et de l'esprit. (Voir Galates 5.16-18, note, et Galates 5.22, note.)
L'issue de l'une et de l'autre de ces deux vies, entre lesquelles l'homme doit choisir, est ici clairement déterminée : d'une part, la corruption, de l'autre la vie éternelle.
Et l'image d'une semence et d'une moisson dont se sert l'apôtre, montre tout ce qu'il y a de naturel, d'organique, d'inévitable dans ces deux résultats qui s'offrent à l'homme comme seule alternative.
En effet, la vie de l'Esprit, bien qu'imparfaite dans le chrétien, est dès ici-bas la vie éternelle ; et la vie de la chair est dès ici-bas la corruption : le jugement du dernier jour ne fera que manifester, compléter et fixer irrévocablement ces deux états. (Comparer Romains 6.23) C'est en montrant ainsi que l'homme moissonne nécessairement ce qu'il a semé, que l'apôtre justifie son sérieux avertissement : On ne se moque pas de Dieu. (verset 7)
- Des passages comme celui-ci prouvent combien peu est fondée l'objection qu'on a faite si souvent à la doctrine de la justification par la foi seule, de diminuer la responsabilité de l'homme ; ils sont bien propres aussi à détruire les illusions qu'on pourrait se faire sur la nature et les fruits de la foi.
S'il est vrai que l'apôtre enseigne clairement, dans cette épître même et partout ailleurs, que les œuvres de l'homme n'ont aucun mérite devant Dieu, ne lui procurent aucune justice, ne lui donnent droit à aucune récompense, puisque le salut est un don de la pure grâce de Dieu, acquis par le sacrifice de Christ, et reçu par la foi seule, il est vrai aussi qu'il nous montre la vie entière du chrétien, ses uvres, comme une semence dont il moissonnera les fruits dans l'éternité, et cela dans une proportion rigoureusement exacte. (2Corinthiens 9.6)
Cette contradiction apparente, ou plutôt ces deux faces de la même vérité, sont en harmonie comme la cause et l'effet, comme l'arbre et son fruit.