Après les premiers de ces vices qui sont des actes grossiers de la chair, l'apôtre en nomme beaucoup d'autres qui, au premier abord, ne paraissent point émaner de la même source, parce qu'ils proviennent plutôt des passions de l'âme.
Il faut conclure de là que le mot chair n'indique pas seulement les penchants et les actions de la sensualité, mais aussi les péchés qui ont leur siège dans les facultés de l'esprit.
En effet, les vices les plus spirituels sont encore des œuvres de la chair, parce que l'homme, dans son état de chute, séparé de Dieu, est l'esclave des sens, du monde, de la nature qu'il ne peut dominer que par l'Esprit de Dieu. Le mouvement le plus caché d'égoïsme ou d'orgueil cherche au dehors son objet et nous force à reconnaître que l'esprit est asservi à la chair.
On peut, si l'on veut, résumer tous ces péchés sous ces quatre chefs :
1° sensualité (ici le mot adultère du texte reçu n'est pas authentique) ;
2° superstition ;
3° péchés inspirés par la haine ;
4° excès dans le boire et le manger (ivrognerie et orgies ou débauches).
- Tous ces péchés, non pardonnés par la grâce, tous ces vices, non détruits par la régénération du cœur, excluent absolument du royaume de Dieu, qui est la communion avec le Saint et le Juste.
L'apôtre exprime cette vérité d'une manière solennelle, afin d'ôter tout prétexte, d'une part, à ceux qui professent une fausse liberté, et de l'autre, à ceux qui accusent la vraie liberté chrétienne de conduire au relâchement moral