Grec : "Ces choses sont allégorisées," ont un sens profond renfermé sous les faits historiques.
En effet, si l'on a pu dire de l'histoire profane, avec une entière vérité, que chaque événement porte en lui l'enseignement qui ressort de tout l'ensemble de l'histoire ; à plus forte raison en est-il ainsi dans l'histoire du règne de Dieu.
Ce règne se développe graduellement, d'une manière organique, sous la direction de Dieu, de sorte que les faits les moins importants en apparence reflètent les plus grands événements ou plutôt les renferment en germe, comme le chêne majestueux fut pendant un temps caché dans le gland qui lui a donné naissance. (Comparer Matthieu 13.31,32)
En un mot, tous les faits du règne de Dieu sont à la fois histoire et prophétie. Il est donc légitime de rechercher dans les Écritures de l'A.T. ces grains de semence qui contenaient la riche moisson du N. T. ; mais il faut bien prendre garde à la position qu'occupe dans l'ensemble de l'histoire chaque événement particulier et ne jamais le détacher de cette liaison naturelle et organique, qui seule en indique le sens.
L'erreur de tant d'interprétations allégoriques vient de ce que, perdant de vue le cours général de l'histoire, abandonnant le ferme terrain des faits, on a voulu rattacher ces interprétations à des ressemblances fortuites, à des analogies arbitraires ; de sorte qu'au lieu d'expliquer l'histoire véritable, on se crée à côté de celle-ci une histoire fantastique, et alors il n'y a plus de bornes aux aberrations de l'imagination. Telles étaient les interprétations allégoriques fort en usage dans la littérature juive au temps de Paul.
En recourant à l'allégorie, l'apôtre était sûr d'être bien compris de ses premiers lecteurs. Mais peut-on dire qu'il ait évité tous les écueils du genre et ne soit pas tombé dans l'arbitraire en appliquant aux deux alliances l'exemple d'Agar et de Sara ? Ce rapprochement forcé n'ajoute rien à sa démonstration.
Luther disait déjà, avec un grand bon sens :"Par le moyen des allégories on ne peut rien fonder ni rien prouver d'une manière certaine ; mais elles servent à orner, à éclairer, à rendre plus intelligible une thèse bien démontrée d'autre part. Si Paul n'avait pas commencé par établir à force d'arguments solides que nous ne sommes pas justifiés devant Dieu par les œuvres de la loi, mais par la foi seule, il n'aurait rien prouvé par cette allégorie. Mais après avoir fondé cette vérité sur l'expérience des croyants, sur l'exemple d'Abraham, sur les témoignages et les déclarations de la sainte Écriture, il ajoute finalement cette allégorie pour agrémenter sa démonstration. Comme un tableau orne une maison qui a été auparavant bâtie sur de fermes assises et lui donne bonne apparence, ainsi l'allégorie embellit une solide argumentation."