Paul affectionne cette image si juste et si frappante : revêtir. (Voir 1Corinthiens 15.53,54 ; Ephésiens 4.24 ; Colossiens 3.10 ; comparez 2Corinthiens 5.2-4)
Revêtir Christ, c'est devenir tellement un avec lui, que sa justice nous enveloppe tout entiers, et que sa vie soit notre vie : en sorte que Dieu ne nous voie plus, nous, pécheurs, mais son Fils en nous et nous en lui. Cela seul donne à l'âme l'assurance et la paix pour paraître un jour devant le Saint et le Juste.
-"Mais comment peut-il dire quetousceux quiont été baptisésont revêtu Christ, puisqu'il s'en faut tant que le baptême soit efficace en tous ? Ne parait-il pas absurde d'unir ainsi la grâce du Saint-Esprit à un signe extérieur ? Je réponds : Paul parle des sacrements de deux manières différentes : s'il a affaire à des hypocrites qui se glorifient de vaines cérémonies, il prêche le vide et le néant de ces choses extérieures, et il attaque vigoureusement cette fausse confiance. Pourquoi ? parce qu'alors il regarde, non à l'institution divine, mais à l'abus des impies qui la corrompent. Tandis que lorsqu'il s'adresse à des croyants qui usent des symboles comme ils le doivent, il joint aux signes la vérité qu'ils représentent. Pourquoi ? Parce que Dieu ne nous montre pas dans les sacrements une pompe trompeuse, mais il nous communique en même temps la chose même que le symbole représente. Dès lors, selon l'institution de Dieu, la réalité est unie aux signes. Si quelqu'un objecte que, par le péché des hommes, le sacrement peut n'être plus en réalité ce qu'il représente, la réponse est facile : les impies ne sauraient ôter aux sacrements leur nature, ni leur efficace, quoique eux-mêmes n'en retirent aucun fruit. Les sacrements offrent aux bons comme aux méchants la grâce de Dieu, et ce n'est pas pour tromper qu'ils promettent la grâce du SaintEsprit : les fidèles reçoivent ce qui est offert ; les impies, en le repoussant, le rendent inutile quant à eux, mais ils ne peuvent empêcher ni Dieu d'être fidèle, ni la signification des sacrements d'être vraie et réelle. Ainsi l'apôtre ne transporte pas au signe ce qui n'est propre qu'à Dieu, et cependant il constate la force des sacrements, afin que nul ne les prenne pour de vains et froids spectacles."Calvin.
(Comparer sur la doctrine du baptême Romains 6.3-11)
En insistant sur la réalité et l'efficace de cette institution du baptême (et de la cène) pour n'en pas faire "un vain et froid spectacle," il faut se souvenir que Paul ne lui attribue cette profonde signification que pour des hommes qui, avant de recevoir le baptême, avaient été amenés, par la prédication de l'Evangile, à la connaissance du Sauveur, à la foi en lui ; sans cela on tombe dans l'erreur opposée, on fait du baptême et de la puissance de régénération qui lui est attribuée une œuvre magique, un opus operatum, transférant à l'acte en lui-même ce qui ne peut être qu'une œuvre de la puissance et de la grâce de Dieu, et que la foi seule peut s'approprier.