Aux paroles qui précèdent (verset 19) et qui forment avec celles qui suivent (verset 21) l'ensemble le plus clair, Paul ajoute ici une remarque incidente, très obscure par sa brièveté même.
Peu de versets de l'Ecriture ont autant occupé les commentateurs. Il serait inutile de citer leurs interprétations, infiniment diverses.
Voici la traduction littérale, d'après laquelle chaque lecteur pourra s'efforcer de trouver à ces paroles le sens qui rentre le mieux dans l'ensemble de la pensée de l'apôtre : "Or le médiateur n'est pas d'un, mais Dieu est un."
A propos du médiateur qu'il vient de nommer, l'apôtre pose ce principe bien connu, qu'un médiateur ne l'est jamais d'un seul homme, d'une seule partie, mais de deux, qui sont divisées, et qu'il s'agit de rapprocher, de réconcilier. Tel était Moïse, entre Dieu et le peuple ; mais seulement pour un temps ; car l'économie de la loi est transitoire puisqu'elle suppose deux volontés unies par un médiateur et qu'elle reçoit de l'une des parties contractantes, le peuple d'Israël, son caractère temporaire et limité ; tandis que Dieu, qui est un seul Dieu, absolu, indépendant, a donné la promesse de grâce à Abraham (versets 15-18) librement, sans médiateur, sans conditions, sans aucun contrat, et la promesse reçoit de ce fait un caractère permanent et universel ; elle est immuable et unique comme son auteur.
Dieu a bien voulu ensuite admettre la médiation de Moïse ; mais quand la promesse sera accomplie, (verset 19) la médiation de Moïse pourra cesser, son ministère par la loi ayant atteint son but. Ainsi donc la loi n'est pas contraire aux promesses de Dieu. (verset 21) Le même Dieu qui a donné les promesses a donné aussi la loi qui devait y préparer son peuple, et il reste toujours un, toujours le même dans ses desseins.
- Tel est à peu près le sens sur lequel s'accordent les meilleurs exégètes. Il peut se compléter par cette remarque de J.-F. von Meyer : "Dieu est un,c'est-à-dire qu'il ne souffre point d'opposition ; c'est pourquoi nous devons, comme enfants de Dieu, parvenir à l'unité divine par un Médiateur plus grand que Moïse, (Hébreux 8.6 ; 1Timothée 2.5 ; Romains 9.5) et alors notre séparation d'avec Dieu (qui a donné la promesse sans médiateur) disparaîtra."(Comparer versets 26-28)
Il faut mentionner encore l'opinion de ceux qui, comme Calvin, entendent ici par le médiateur non pas Moïse, mais Jésus-Christ, et interprètent notre passage ainsi : "Ce médiateur ne l'est pas d'un seul peuple (les Juifs), il l'est aussi des païens ; mais Dieu est un seul Dieu qui réconcilie les uns et les autres avec soi, qui a donné aussi bien la promesse de grâce que la loi."
Ce sens n'est pas du tout en harmonie avec l'ensemble du raisonnement de Paul dans ces versets.