Grec : "par l'ouïe de la foi ;" mais ce mot a, en grec comme en hébreu, le sens de prédication, le moyen par lequel on fait entendre. (Romains 10.17, note.)
Cet appel à l'expérience était des plus concluants, des plus persuasifs. Voici des chrétiens auxquels on a prêché le salut par la foi en Christ crucifié : l'Esprit de Dieu, avec ses manifestations puissantes, a accompagné cette prédication, l'a scellée d'un témoignage divin dans le cœur même des auditeurs.
Est-ce par la loi, ou par la foi qu'on leur a annoncée, qu'ils ont été faits participants de tous ces dons ? La réponse n'est pas douteuse. Aussi l'apôtre insiste sur sa question. (verset 5)
- Dans les premiers temps de l'Eglise, l'assurance d'avoir reçu le Saint-Esprit et éprouvé ses divines influences, par le renouvellement du cœur et de la vie, était plus absolue et plus vive chez la plupart des fidèles qu'elle ne l'est en général aujourd'hui, à cause du contraste éclatant qu'il y avait pour eux entre les profondes ténèbres du paganisme, dont ils étaient sortis, et la lumière resplendissante de l'Evangile.
De plus, les dons miraculeux, qui accompagnaient l'effusion du Saint-Esprit, étaient un témoignage visible et saisissant de la présence et de l'action de cet Esprit dans l'Eglise et dans les âmes.
Malgré cela le raisonnement de l'apôtre conserve aujourd'hui toute sa force et s'applique à tous ceux qui, après avoir éprouvé en eux-mêmes la puissance de l'Evangile, tombent dans quelque erreur.
Par quel moyen ont-ils senti la différence totale qu'il y a entre la nature et la grâce, entre le vieil homme et le nouveau ? Comment ont-ils reçu l'esprit d'adoption, la paix avec Dieu ? La prédication qui leur a fait savourer ces grâces ne saurait être l'erreur : malheur à eux s'ils y renoncent !
Mais celui qui ne trouverait dans l'histoire intime de son âme aucun souvenir de cette nature, aucune expérience de l'action de l'Esprit, n'a jamais été dans la grâce, il n'est point converti ; on ne saurait raisonner avec lui comme l'apôtre le fait ici.