Dans ces versets (versets 10-12) l'apôtre passe à une nouvelle démonstration (car) de sa thèse.
L'exemple d'Abraham lui a permis d'établir que la justification vient par la foi. Il ajoute à cette preuve positive une preuve négative : la justification ne vient pas par les œuvres de la loi. Ce qu'il concluait de la bénédiction d'Abraham, il le conclut également de la malédiction de la loi.
La bénédiction promise à Abraham ne s'obtient que par la foi, (verset 9) car quiconque "est des œuvres de la loi," c'est-à-dire cherche dans ces œuvres un moyen de justification et de salut, se trouve non sous la bénédiction, mais sous la malédiction. (D'après Deutéronome 27.26, librement cité.)
L'apôtre ne dit pas, mais suppose comme évident que nul homme n'a observé et accompli toutes les choses écrites au livre de la loi ; il faudrait, pour le nier, un degré d'aveuglement et d'orgueil qu'il ne saurait prévoir.
Plus un homme s'est efforcé de garder la loi, plus se réveille douloureusement en lui cette conviction du péché, de réprobation, de malédiction sanctionnée par la loi. Aussi tous les hommes de Dieu, dès l'ancienne alliance, ont eu recours au moyen de justification qui avait sauvé Abraham, et ont proclamé avec le prophète cité ici par Paul (verset 11) que le juste vivra de la foi. (Habakuk 2.4 ; comparez Romains 1.17, note.)
Entre ces deux moyens de salut, la loi et la foi, le contraste est absolu, il faut choisir : la loi n'a rien de commun avec la foi, elle n'est pas de même nature (tel est le sens de ces mots du verset 12 : la loi n'est pas de la foi ou par la foi) ; la loi ordonne, demande la perfection ; celui qui l'atteindra vivra par elle. (verset 12, cité de Lévitique 18.5 ; comparez Luc 10.28, note ; Romains 10.5,6, note.)