Une autre scène d'idolâtrie. Pour la faire contempler à Ezéchiel, l'Esprit le conduit à la porte septentrionale du parvis extérieur (Plan, lettre G), dans la position indiquée par le numéro 3. Ce sont cette fois les femmes qui sont les coupables. La fête se célèbre devant le portique de ce parvis (Plan, lettre c). Les femmes sont assises : c'est l'attitude du deuil (Job 2.13 ; Esaïe 3.26 ; Lamentations 1.1). Elles célèbrent par de bruyantes lamentations la mort du dieu Thammuz. Ce dieu était l'Adonis des Grecs et des Phéniciens. Son nom sémitique Thammuz signifie peut-être : celui qui disparaît ou le séparé. On célébrait particulièrement son culte à Guébal ( en grec Byblos), en Phénicie (Ezéchiel 27.9). La fable prétendait que ce beau jeune homme, aimé de Vénus, avait été tué sur les hauteurs du Liban par un sanglier. On dérive ce mythe d'un phénomène naturel. Près de Byblos coule une rivière, descendant du Liban, dont l'eau, à la fonte des neiges, prend une teinte rouge sang ce qui provenait, disait-on, du sang d'Adonis. En réalité, ce dieu phénicien paraît avoir été le symbole du printemps dont la riche verdure est si tôt consumée en Orient par l'ardeur du soleil d'été. Cette fête de la mort du dieu se célébrait en juin, à l'époque du solstice d'été, elle avait un caractère funèbre.
Des femmes, les cheveux épars, d'autres rasées, d'autres se meurtrissant la poitrine, donnant les signes d'une violente consternation, erraient dans les rues comme cherchant quelqu'un, ou se tenaient assises en cercle autour d'un catafalque sur lequel se trouvait un sarcophage destiné à recevoir la statue en bois peint qui représentait le corps du dieu ( le Thammuz). Le mort était pleuré pendant plusieurs jours, puis inhumé... (Tiele, Histoires comparée des anciennes religions, page 294.) Ce culte avait été adopté par les femmes israélites, qui poussaient la hardiesse jusqu'à le célébrer à l'entrée même du parvis de l'Eternel. Cette localité est celle que désigne ici l'expression à l'entrée de la porte de la maison de l'Eternel.