Chapitres 8 à 11 : La gloire de l'Eternel abandonne le temple et Jérusalem, qui est livrée à la destruction.
Ces quatre chapitres renferment le récit d'une seule et même vision. Le prophète est transporté en esprit dans le temple, à Jérusalem (8.14) ; il y voit d'abord une idole érigée à la porte du parvis intérieur (versets 5 et 6) ; puis il y est témoin de trois cérémonies païennes, célébrées l'une par les anciens de Juda (versets 7 à 12), la seconde par les femmes du peuple (versets 13 à 15), la troisième par les sacrificateurs eux-mêmes (versets 16 à 18). Cette première partie de la vision expose l'état moral du peuple tout entier ; c'est l'acte d'accusation qui motive la sentence de mort dont le chapitre suivant décrit prophétiquement l'exécution (chapitre 9). Dans la troisième partie (chapitres 10 et 11), le prophète décrit le départ de Jéhova. Le symbole visible de sa gloire se transporte successivement du Lieu très saint au seuil du temple (10.4), du seuil du temple à la porte orientale du parvis (10.18-19), enfin de la porte du parvis hors de la ville, du côté de l'orient, sur la montagne des Oliviers (11.22-23). Le récit de ces degrés successifs, dans l'éloignement de l'Eternel, est entrecoupé de menaces contre les habitants de Jérusalem et de promesses en faveur de la partie du peuple exilée. Après cela, le prophète sort de son état d'extase et raconte aux captifs tout ce qu'il vient de voir et d'entendre (11.25).
L'intention de Dieu dans cette révélation, l'une des plus remarquables du livre d'Ezéchiel, n'est pas difficile à comprendre. Il paraît, par le passage 11.15 surtout, que les Israélites qui habitaient encore la Palestine pensaient et parlaient avec un certain mépris de leurs compatriotes emmenés en captivité : La terre nous a été donnée en propriété, s'écriaient-ils avec orgueil. Les exilés, au contraire, étaient disposés à s'envisager comme la portion du peuple abandonnée de Dieu et enviaient leurs frères restés sur le sol de la patrie. Dieu veut par la bouche d'Ezéchiel abattre la présomption des uns et relever l'esprit abattu des autres.
Comme j'étais assis. Quatorze mois s'étaient écoulés depuis la vocation du prophète racontée dans les chapitres 1 et 2 (comparez 1.1-2) ; cela faisait en tout 413 jours. Il serait donc matériellement impossible qu'au moment de cette nouvelle vision, les 430 jours de la réclusion d'Ezéchiel, qui n'avait commencé qu'un certain temps après sa vocation, fussent déjà terminés, si les scènes précédentes (chapitres 4 et 5) s'étaient accomplies autrement qu'en vision.
Les anciens de Juda. C'étaient les chefs de la colonie exilée. Ils s'étaient, paraît-il, rapprochés moralement du prophète (comparez 2.3-6) ; le châtiment commençait-il à porter ses fruits ?