8 à 12 Ezéchiel a vu ; mais en réalité, il ne sait rien encore. Car il ne comprend pas le but de toute cette création nouvelle à laquelle il assiste. Il l'apprend maintenant par l'explication suivante que lui donne son guide, d'abord sur la destination du torrent (versets 8 à 11), puis sur l'excellence des arbres qu'il fait naître (verset 12). Cette communication est comme une prophétie dans la prophétie elle-même ; de là les verbes futurs : ces eaux s'en vont à la mer, et elles y entreront... etc., ces arbres croîtront..., produiront, etc.
Il est impossible que les eaux que le prophète vient de voir jaillir, soient censées suivre, comme on l'a pensé, la vallée du Cédron. Car cela ne les conduirait point à la Plaine qui est à l'est et au nord-est de Jérusalem. Pour que le torrent en suivant la direction sud-est, vienne à traverser un district oriental et à atteindre l'Araba (voir ci-dessous), il faut qu'il prenne sa source beaucoup plus au nord ; ce qui s'accorde bien avec toutes les indications sur l'emplacement du nouveau temple, (40.2, note et 48.8 et suivants).
Le district oriental. Littéralement le cercle oriental. Cette expression désigne sans doute la même contrée qui (Josué 22.10) est appelée : les districts (cercles) du Jourdain, à savoir les contrées qui avoisinent ce fleuve sur sa rive droite. On verra que c'est là la lisière orientale de la Terre Sainte d'après ses nouvelles limites (verset 18 et suivants).
La Plaine : en hébreu, Araba ; la partie méridionale de la vallée du Jourdain depuis l'endroit où cette vallée s'élargit, jusqu'à l'embouchure du fleuve. C'était autrefois, comme maintenant, une plaine presque entièrement stérile.
C'est pour aller... Littéralement (sans changer le texte, comme le font plusienrs interprètes) : ces eaux sont celles qui ont jailli pour aller à la mer. On applique ordinairement le terme hébreu (moutsaïm) à l'embouchure des eaux dans la mer. Mais on est plus fidèle au texte en l'appliquant à leur origine, comme au commencement du verset : Elles couleront... jusqu'à la mer : c'est pour la mer qu'elles se sont mises à couler. Cette mer est celle que nous appelons la mer Morte dont le plus ancien nom est celui de mer Salée (Genèse 14.3), et qui porte ici (verset 48), comme Joël 2.20, celui de mer Orientale. Elle a 73 kilomètres de longueur, et 17,8 kilomètres de largeur, vers le milieu. C'est l'enfoncement le plus profond connu à la surface de notre globe (394 mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée). L'eau est complètement saturée de sel et mêlée de bitume. Les poissons de mer eux-mêmes, à plus forte raison ceux d'eau douce, y périssent à l'instant. Par sa nature donc, ainsi que par le souvenir qu'elle rappelle (Genèse 19.24), cette mer est propre à devenir le type de l'humanité corrompue et condamnée.