Ils te posséderont. Le prophète s'adresse, non plus aux montagnes, mais au pays lui-même.
Tu ne les priveras plus.
Il semble qu'il y ait ici une allusion a cette parole des espions qui, décriant le pays de Canaan devant les enfants d'Israël, disaient : C'est un pays qui consume ses habitants (Nombres 13.33). Cette parole de mépris devait être et rester fausse, tant que Dieu bénissait son peuple ; mais elle pouvait devenir vraie par la faute du peuple, s'il forçait son Dieu à le châtier ; et c'est ce qui avait eu lieu. Mais il n'en sera plus ainsi désormais ; relevé spirituellement, Israël ne sera plus dévoré par son pays.
Cette expression figurée de dévorer peut se rapporter soit à la nature du pays qui, pour peu que la pluie manque, devient aussitôt d'une extrême stérilité, ou bien aussi à sa situation, qui en faisait le lieu de passage de tous les conquérants venant du nord ou du sud. Par l'une et par l'autre de ces raisons, il n'y a peut-être pas de pays qui, plus aisément que Canaan, pût devenir pour ses habitants, au premier signe de la volonté divine, soit un Eden, soit un tombeau.
Dans ces mots : Tu ne les priveras plus, l'action de Dieu par le moyen du pays est attribuée au pays lui-même.