31 et 32 C'est ici la clôture de la complainte. En arrivant au séjour des morts, Pharaon se console de sa défaite par la nombreuse société de monarques semblables à lui qu'il y trouve réunie. Il n'y a évidemment rien de personnel dans ce tableau. Il se rapporte au Pharaon collectif qui a exercé la souveraineté sur l'Egypte durant tout le temps de sa force et de son indépendance.
Remarques sur les chapitres 25 à 32
Nous n'avons point insisté sur la formule qui termine à peu près chacun des oracles de ce recueil relatif aux peuples étrangers : Et ils sauront que je suis l'Eternel. Elle caractérise l'importance de l'époque en laquelle prophétisait Ezéchiel. Le moment était arrivé où le monothéisme juif, destiné à devenir la religion de toute l'humanité, allait sortir de l'étroite prison où il avait été enfermé jusqu'alors, franchir les limites de la Palestine et commencer la conquête morale du monde par la destruction du paganisme. C'était là ce qu'exprimait dès le commencement d'une manière frappante et plastique l'apparition de Dieu au-dessus des quatre chérubins (1.28, note). C'est là ce que rappelle avec insistance le refrain dont nous parlons. Il ne renferme pas expressément la promesse du salut en faveur des restes de tous ces peuples étrangers, telle qu'on la trouve dans les prophéties d'Esaïe et de Jérémie (comparez Jérémie 48.47 ; 49.6,39). C'est simplement l'anticipation de l'hommage qui sera rendu au nom de Jéhova par toute l'humanité, dans laquelle les restes de ces nations se seront fondus, lorsque, sous le poids des jugements dont elle sera frappée, elle abandonnera les idoles et proclamera Jéhova le Dieu unique. Le jugement du monde, ici décrit, est nécessaire pour que le monde se soumette à l'Eternel. Aucune nation païenne, encore au faîte de sa splendeur, ne délaisserait ses idoles pour donner gloire à Dieu. Pour qu'un peuple reconnaisse ainsi la souveraineté de Jéhova, il faut que sa force ait été brisée.