Tandis que l'Egypte restera un peuple affaibli, la force d'Israël, maintenant brisée, sera relevée.
En ce jour-là : c'est-à-dire après que la puissance de l'Egypte aura été brisée. Le terme de jour désigne ici, comme souvent, toute une période.
La corne (symbole de la force) ne désigne pas personnellement Zorobabel, le chef des Juifs au retour de l'exil, ou le Messie, point culminant de la restauration, mais le peuple rétabli. C'est donc le retour de l'exil, avec toutes ses conséquences les plus éloignées et les plus glorieuses, qui est renfermé dans cette expression figurée.
Je te donnerai de parler. Quand ? Au moment où arrivera la nouvelle du désastre de l'Egypte, sujet principal de ce discours ? Il est plus naturel d'appliquer ces mots à l'époque du retour de la captivité. Ezéchiel a-t-il pu voir encore ce moment ? S'il avait 20 ans au moment où il fut emmené en exil (599 ou 598), il en avait 83 en 536, date du retour. Seulement, vu cet âge avancé, il ne sera pas rentré lui-même en Palestine. Comme il avait une première fois recouvré la parole après trois années de silence, à la nouvelle de la ruine de Jérusalem (33.21), il la recouvra une seconde fois après trente-sept ans d'un nouveau silence (car c'est ici le dernier discours du recueil), en contemplant le jour glorieux du rétablissement. Mais ce chant du cygne du prophète de Tel-Abib ne nous est pas parvenu.
La puissance de Tyr anéantie, celle de l'Egypte diminuée, celle d'Israël restaurée, voilà la prophétie dans ses grands traits : l'histoire dit-elle autre chose ?