Les chapitres 29 à 32 contiennent les discours adressés à l'Egypte ; comparez Esaïe chapitres 19 et 20 ; Jérémie chapitre 46. De tous les peuples, dit Maspéro, qui s'étaient alliés en 589 contre Nébucadnetsar, Tyr et l'Egypte restaient seuls debout. Ezéchiel vient de décrire la ruine de l'un ; il annonce maintenant le châtiment de l'autre. Le peuple égyptien n'avait jamais été positivement hostile aux Israélites ; seulement il avait souvent entraîné les rois de Samarie et de Jérusalem à se révolter contre les souverains assyriens et babyloniens ; puis, quand le moment était venu de prêter secours aux deux petits Etats, l'Egypte se tenait en arrière ou se bornait à des démonstrations inefficaces. C'est ce qui avait eu lieu sous les derniers rois de Samarie ; puis au temps d'Ezéchias, où le général du roi assyrien Sanchérib comparait déjà l'Egypte à un roseau brisé qui transperce la main de celui qui s'y appuie (Esaïe 36.6). C'est ce qui venait de se répéter pendant le siège de Jérusalem. Le roi égyptien Hophra s'était approché avec une armée, et, quand les Chaldéens s'étaient retournés contre lui, il avait, au premier choc, repris le chemin de son pays et abandonné à son sort le roi de Juda. Voilà le seul péché que le prophète reproche à l'Egypte, à l'égard de son peuple. Aussi ne la menace-t-il pas, comme Ammon, Moab, Edom et Tyr elle-même, du complet anéantissement de sa puissance. L'Egypte subira un châtiment passager (de 40 années) ; après quoi un relèvement partiel lui rendra, non son rang de puissance de premier ordre, mais une position modeste dans l'histoire du Monde.
Ces pensées sont exprimées dans sept discours, dont les cinq premiers annoncent à l'Egypte son sort prochain et dont les deux derniers sont des complaintes sur son roi et sur son peuple ; comparez les deux complaintes sur Tyr (chapitre 27) et sur son roi (28.12-19).
Le chapitre 29 contient deux discours. Le premier fut composé pendant le siège de Jérusalem, six mois environ avant la prise de la ville, quelque temps avant la prophétie sur la prise de Tyr. Ici, comme dans le discours sur Tyr (chapitre 27) et comme dans plusieurs des morceaux précédents sur Jérusalem, une allégorie sert de base aux applications qui suivront. Le roi d'Egypte est comparé à un crocodile qui jouit de son repos dans les eaux du Nil et qui tout à coup est arraché à son bien-être par des pêcheurs qui s'emparent de lui et le jettent sur le rivage (versets 1 à 7). Suit l'application de cette image : Le roi d'Egypte sera châtié, ainsi que son peuple (versets 8 à 12) ; mais une restauration relative sera accordée à ce pays (versets 13 à 16).
1 à 7 L'allégorie.
Jérusalem fut prise le quatrième mois de la onzième année après la déportation de Jéhojachin, qui avait eu lieu en 599 avant J-C. Il faut donc placer cette prophétie de 589 à 588.