Chapitres 25 à 32 : Prophéties contre quelques peuples païens
Ici commence le second groupe des discours d'Ezéchiel, qui comprend le recueil de ses prophéties contre quelques peuples étrangers et qui est intercalé entre l'annonce du jugement de Jérusalem, dans le premier groupe (chapitres 1 à 25), et la promesse de son relèvement glorieux, dans le troisième (chapitres 33 à 48). Ces discours ne sont ni placés dans l'ensemble du livre, ni même rangés dans ce recueil, d'après un ordre chronologique. Plusieurs d'entre eux sont antérieurs, quelques-uns sont postérieurs à la ruine de Jérusalem. Ezéchiel imite deux de ses prédécesseurs, Esaïe et Jérémie, dont les discours contre les peuples étrangers avaient aussi été réunis en un recueil particulier dans le livre de leurs prophéties (Esaïe chapitres 13 à 23 ; Jérémie chapitres 46 à 51). La raison pour laquelle Ezéchiel a placé ce recueil en cet endroit de son livre est facile à comprendre. Il a voulu remplir de cette manière l'intervalle de silence que Dieu lui avait imposé entre les deux périodes de son ministère actif (voir à 33.21-22).
Le but de ces discours n'était pas, comme chez les prophètes antérieurs, de menacer ces peuples du châtiment de Dieu pour leurs cruautés envers Israël. Aucun des peuples auxquels s'adresse Ezéchiel, sauf (en quelque mesure) les Edomites, ne paraît avoir concouru à la dernière ruine de Juda ; et les Chaldéens, principaux auteurs de cette catastrophe, ne sont pas même nommés. La raison alléguée plusieurs fois par le prophète est que les quatre premiers avaient fait du malheur de Jérusalem l'objet de leurs railleries, comme jadis les Edomites au temps d'Abdias ; et ces moqueries atteignaient l'Eternel lui-même. Un reproche semblable est adressé à Tyr ; de plus, cette ville s'était enorgueillie à l'excès à cause de son habileté commerciale et de sa prodigieuse prospérité. L'Egypte enfin a entraîné Jérusalem à la révolte, et ne l'a pas défendue au moment du danger : puis elle a participé au péché de l'orgueil reproché à Tyr. S'il n'est pas question dans tout ce recueil du. châtiment de Babel, comme dans Esaïe et Jérémie, c'est d'abord parce que les colons de Tel-Abib vivent maintenant au sein de l'empire chaldéen et doivent, d'après l'avertissement de Jérémie 29.7, rechercher le bien de la ville où Dieu les a exilés ; puis parce que les Chaldéens viennent d'être présentés (Ezéchiel 23.45) comme les hommes justes, exécuteurs de la sentence divine contre Israël. Aucun sentiment de vengeance ne doit être éveillé dans le cur des exilés, qui ne doit ressentir au contraire que repentir et humiliation. Mais il était nécessaire que, par les menaces adressées aux autres peuples, Israël comprît que son Dieu ne le livrait pas sans retour à leurs moqueries et qu'il ne tolérerait pas à toujours l'insolence de ces païens, dont la prospérité était comme un défi jeté à la justice et à la puissance du Dieu d'Israël.
Des treize morceaux que comprend ce recueil, le premier (chapitre 25) est un discours à l'adresse des petits peuples dont le territoire entourait celui de Juda, à l'est, au sud-est, au sud et au sud-ouest. Les cinq suivants sont adressés à la Phénicie, proche voisine de la Palestine du côté du nord : quatre à Tyr, le cinquième à Sidon, sa succursale. Les sept derniers enfin se rapportent à l'Egypte, la grande puissance la plus voisine du côté du sud. Après les six morceaux précédents, les sept paroles de menace contre l'Egypte font l'effet des sept éclats de trompette qui au septième jour retentirent contre les murailles de Jéricho et les firent crouler. Ainsi la gloire du monde païen, représenté par ces sept peuples petits et grands, s'évanouira à la voix du courroux de Dieu.
Chapitre 25
La parole de l'Eternel s'adresse :
- aux Ammonites, à l'est, versets 1 à 7
- aux Moabites, au sud-est, versets 8 à 11
- aux Edomites, au sud, versets 12 à 14
- aux Philistins, au sud-ouest, versets 15 à 17.
Ces quatre discours, adressés aux petits peuples proches voisins de Juda, forment un ensemble.
1 à 7 Contre Ammon ( comparez Jérémie 49.1-6 ; Sophonie 2.8-11).
L'Eternel commence par ce peuple parce qu'il avait sans doute témoigné plus hautement que tout autre sa satisfaction du malheur de Jérusalem. Le roi d'Ammon paraît avoir été le véritable auteur du meurtre de Guédalia, dernier espoir de Juda après la ruine de Jérusalem (Jérémie 40.14). On voit (verset 6) que ce discours d'Ezéchiel est postérieur à cet événement.
Comparez la menace précédente, Ezéchiel 21.33-37.