Ce verset est presque incompréhensible, et il est difficile de supposer que le texte n'ait pas subi quelque altération. On pourrait traduire : Et la voix de la multitude bruyante se calme en elle, et aux hommes venus d'un peuple éloigné se joignent les buveurs du désert, et ils mettent à ses mains, etc. Ce bruit qui s'apaise se rapporterait à l'époque de tranquillité relative qui suivit l'annexion de Juda à l'empire d'Assyrie. Les buveurs du désert, qui viennent s'ajouter aux ennemis plus anciens, aux Assyriens, seraient les Chaldéens, dont un ancien historien (Quinte-Curce V, 1) dit qu'ils étaient extrêmement adonnés au vin et à tous les vices qui procèdent de l'ivrognerie. Ils seraient désignés comme venant du désert, parce que c'était par le désert de Syrie, à l'est de la Palestine, qu'arrivaient à Jérusalem les ambassadeurs babyloniens.
Les bracelets et les couronnes d'or, dont ils ornent la prostituée, seraient les symboles de l'état de prospérité momentanée dont Jérusalem fut redevable à la protection des monarques babyloniens, une fois qu'elle se fut soumise à eux. Mais ce passage peut recevoir un autre sens que nous avons suivi dans la traduction.
Une foule joyeuse : le mot schalev indique l'aise, le bien-être.
Les gens venus des amas d'hommes sont les Assyriens et les Chaldéens avec qui Juda a formé des alliances et auxquels il paie tribut. Les amas d'hommes sont les grandes capitales de Ninive et de Babylone, dans lesquelles une immense population était concentrée. Les buveurs du désert, conviés à l'impie rendez-vous de tous les cultes idolâtres à Jérusalem et dans le temple même (comparez chapitre 8), sont les tribus arabes du désert, qui vivent en dehors des grandes agglomérations humaines et représentent un degré d'état religieux et social inférieur à celui des grands Etats des plaines du Tigre et de l'Euphrate. Le nom de buveurs : soraïm paraît faire allusion au nom de Schéba que portait l'un de ces peuples (27.22). Ce peuple était riche ; comparez Psaumes 72.10 ; Esaïe 55.6 ; 1Rois 10.1 et suivants. C'est sans doute ce qui explique le don des ornements d'or, bracelets et couronnes, offerts par ces étrangers à Oboliba.
On a aussi appliqué le terme de buveurs aux idoles qu'apportaient avec eux ces peuples et auxquelles on offrait du vin.