Le procès des deux surs criminelles.
Une fois encore, avant de prononcer le mot qui doit précéder la ruine (chapitre 24), le prophète remet devant les yeux de Jérusalem le tableau de ses crimes, semblables à ceux de Samarie, qui en a déjà porté la peine, et il lui annonce le même sort. Ce tableau a beaucoup d'analogie avec celui du chapitre 16, et tous deux sont le développement de celui qu'avait déjà esquissé en quelques traits Jérémie 3.6-10 ; mais il se distingue surtout par deux traits du précédent : le sort de Juda y est mis en parallèle avec celui de Samarie ; et l'exécution de son châtiment futur est attribuée à ceux-là mêmes auprès desquels Juda a cherché son salut (les Chaldéens).
Le prophète, dans ce discours, se sert fréquemment d'images propres à exciter le dégoût ; mais il le fait dans un esprit de sainteté ; car son but n'est autre que de produire l'horreur des péchés qu'il décrit au moyen de ces expressions figurées. Comparez les précédentes remarques dans l'introduction du chapitre 16.
Voici la marche du discours :
- Israël et Juda se sont détournés de l'Eternel dès leur séjour en Egypte, versets 1 à 4
- Samarie a continué à marcher dans cette voie, et cela en cherchant son appui auprès des Assyriens, et Dieu l'a détruite par eux, versets 5 à 10
- Malgré cet exemple, Jérusalem a fait pis encore ; elle a recherché la faveur des Assyriens, puis celle des Chaldéens ; elle s'est même en dernier lieu retournée vers l'Egypte, versets 11 à 21
- Dieu la punira par les Chaldéens, versets 22 à 35
- Puis le prophète réunit encore une fois les deux surs dans un tableau unique qui retrace de nouveau leurs débordements, versets 36 à 44
- et qui prépare la description de l'exécution capitale de ces deux criminelles pour le double crime de meurtre et d'adultère, versets 45 à 49.
Deux femmes. Les deux peuples des dix tribus et de Juda, séparés plus tard, n'en formaient encore qu'un seul en Egypte ; mais le prophète les considère déjà comme distincts, tout en rappelant leur unité primitive par ces mots : filles d'une même mère.