Si un pays. Cette expression abstraite vise Jérusalem, comme les expressions analogues quiconque et le prophète (versets 4 et 7) désignaient indirectement les anciens et Ezéchiel.
Péchait par révolte : le péché de perfidie, la révolte consciente et réfléchie contre l'Eternel ; comparez 2Chroniques 26.16-19 (Ozias).
La famine. Aucune intercession ne détournerait ce fléau, non pas même celle de Noé, de Daniel et de Job réunis. De ces trois hommes, le premier et le troisième, ont sauvé par leur intercession, l'un sa famille et avec elle l'humanité, l'autre, ses fils et ses filles, jusqu'à l'épreuve que Dieu jugea bon de lui envoyer (Job 1.4-5), puis ses amis (Job 42.7-8). Quant à Daniel il saute aux yeux que sous ce nom Ezéchiel ne peut désigner que le prophète bien connu qui était alors l'un des dignitaires les plus élevés de la cour de Babylone. Daniel avait été transporté en Orient par Nébucadnetsar immédiatement après la bataille de Carkémis (606-604), et deux ans après il avait été élevé à l'un des postes les plus éminents de l'empire chaldéen. Si donc le discours actuel d'Ezéchiel date de cinq ans environ avant la ruine de Jérusalem (588-586), il y avait plus d'une douzaine d'années que Daniel remplissait ces hautes fonctions. Peut-être avait-il déjà rendu d'importants services à ses compatriotes malheureux et en particulier à la colonie de Tel-Abib. Il est naturel qu'Ezéchiel pense à lui en cherchant parmi ses contemporains vivants un intercesseur à associer aux deux anciens personnages qu'il vient de nommer. C'est donc peine absolument perdue que de chercher, dans les temps antiques, un autre Daniel que celui-là. L'histoire ne mentionne pas un seul personnage de ce nom ; or il est évident que l'homme désigné ici devait être un juste devenu célèbre par l'efficacité de ses prières, puisqu'il est associé à deux hommes aussi illustres que Job et Noé. Mais il ne faut pas oublier cette différence, entre ceux-ci et Daniel, que leur présence en ce moment n'est qu'une supposition impossible, tandis que celle de Daniel est une réalité. Voilà sans doute la raison pour laquelle, celui-ci est placé entre les deux autres. Tout échouerait donc, même si, cet intercesseur vivant se mettant à prier, les deux morts venaient se placer à sa droite et à sa gauche, pour appuyer son intercession de la leur (Exode 17.10-12).