Jéhova répond à cette parole égoïste par une promesse magnifique en faveur des exilés. Tandis que la masse de ceux qui sont restés en Judée périra dans une catastrophe suprême (verset 24), Dieu ira habiter au milieu de ces captifs méprisés par leurs frères, mais sur les lequels repose l'espoir du rétablissement de la nation ; comparez Jérémie 24.1-10 (la vision des deux paniers de figues).
Un sanctuaire. Ce qui faisait du temple de Jérusalem le sanctuaire divin, ce n'étaient ni les murailles, ni les deux autels, ni même l'arche de l'alliance ; c'était la présence invisible de l'Eternel qui avait choisi ce lieu comme centre de son action sur la terre. Dieu pouvait donc, s'il le trouvait bon, détacher son uvre de cette résidence extérieure et en placer le foyer au milieu d'une élite croyante transportée en un pays étranger. C'était là sans doute une révolution dans la constitution théocratique ; mais c'était le prélude de l'avènement du culte en esprit et en vérité, et de la propagation du règne de Dieu sur la terre entière. La réalité se dégageait du symbole et commençait à briller de son pur éclat.
Pour un peu de temps. On a entendu ces mots diversement, soit dans le sens d'un petit sanctuaire, ne répondant plus qu'imparfaitement à l'idée du vrai sanctuaire, soit dans le sens de en quelque manière. Il nous paraît évident qu'ils font allusion à la période des soixante-dix années de captivité, relativement courte dans l'ensemble de l'histoire d'Israël. Ces mots, ainsi compris, renferment donc la promesse d'un retour des captifs après un châtiment passager ; c'est ce que confirme pleinement le verset suivant.