6 à 23 Deux plaintes écrites envoyées à deux rois, Assuérus et Artaxerxès, contre les habitants de Juda et de Jérusalem. La première de ces accusations est simplement mentionnée (verset 6) ; la seconde est en partie reproduite (versets 11 à 16), ainsi que la réponse qui y fut faite (versets 17 à 22) et le résultat qui fut obtenu par les ennemis de Juda (verset 23). Pendant fort longtemps on a vu dans Assuérus (verset 6) Cambyse, au commencement du règne duquel les ennemis des Juifs se seraient empressés d'écrire pour prévenir toute démarche de leur part en sens contraire, et dans Artaxerxès (verset 7) Smerdis le Mage.
Assuérus signifie roi-lion et n'est probablement, pensait-on, qu'un surnom sous lequel Cambyse a pu être désigné, à peu près comme les rois d'Egypte portaient le titre général de Pharaon à côté de leur nom propre. On en disait autant d'Artaxerxès, qui signifie le grand héros. Il est vrai que, dans la lettre ici reproduite, il est parlé de la reconstruction des murs de la ville, et non pas du temple, dont il a été uniquement question dans les chapitres précédents. Mais on expliquait cette inexactitude par l'intention d'effrayer le roi. Un temple, il n'y avait pas là de quoi le faire beaucoup réfléchir. Mais des murailles étaient quelque chose de plus grave. Il y avait donc là une exagération mensongère. Et il semble en effet que le copiste ait compris la chose ainsi car, le mot alors qui ouvre le verset 24 paraît reprendre le alors du verset 23 et vouloir rattacher intimement ces deux données. Mais, il y a de cela soixante ans environ, le professeur Kleinert a le premier fait observer qu'Assuérus, plus exactement Ahaschvérosch, ne désigne jamais que des rois perses connus sous le nom de Xerxès, et qu'Artaxerxès, plus exactement Arthachschastha, ne peut non plus désigner d'autres rois que ceux qui ont porté ce nom. Avec tous les modernes nous admettons donc ici un déplacement chronologique. Voir l'Introduction. On aura peut-être commencé simplement par citer ces deux accusations comme présentant une grande analogie avec celles du verset 6 ; et, plus tard encore, quand on aura perdu de vue la valeur exacte des noms des deux rois dont il y est parlé, on en sera venu à regarder ces rois comme les successeurs immédiats de Cyrus.
Ils écrivirent : non pas les mêmes que les précédents, mais des gens animés des mêmes sentiments, car Assuérus (Xerxès) a commencé de régner en 485, ce qui nous transporte plus de trente ans après la fondation du temple.
Une accusation (sitna, voir Genèse 26.21, note). Cette lettre-là n'est pas citée, mais le nom sous lequel elle est désignée laisse à penser quel en était l'esprit.