D'après une variante que présentent les manuscrits, il faut lire ici : dans la crainte de Christ, au lieu de la leçon du texte reçu : dans la crainte de Dieu.
La dépendance où tous les chrétiens sont de Christ, leur Roi souverain, au nom duquel ils rendent grâces Dieu, (Ephésiens 5.20) les oblige à se soumettre les uns aux autres dans toutes les relations de la vie de famille et de société ; non seulement elles ont été instituées par lui, mais elles doivent être pénétrées de son esprit ; nous devons nous y comporter en regardant sans cesse à lui. L'apôtre va énumérer ces relations jusqu'à Ephésiens 6.9.
- Le texte grec dit : "Vous soumettant les uns aux autres," ce participe clôt la série des participes qui précèdent (depuis le Ephésiens 5.16) et montre en même temps que ce principe ainsi énoncé sert de motif aux exhortations qui suivent.
Ce verset Ephésiens 5.21 se lie donc intimement à ce qui précède et à ce qui suit, comme une transition pleine de sens : à ce qui précède, parce que la reconnaissance envers Dieu, au nom de Jésus-Christ, (Ephésiens 5.20) inspire pour ce bon Maître une crainte pleine de confiance et d'amour ; à ce qui suit, parce que cette crainte devient la source du respect, de la déférence, de la soumission qui doit régner dans toutes les relations de la vie auxquelles Christ préside.
De là, toutes les exhortations suivantes sur ces rapports mutuels, rapports d'autant plus importants qu'ils remplissent toute la vie et en font le tissu journalier ; d'autant plus dignes de l'attention de l'apôtre, que les devoirs réciproques des inférieurs et des supérieurs sont au nombre des plus difficiles à bien remplir.
Si, d'une part, celui qui commande est sans cesse tenté d'abuser de son autorité, d'autre part, se soumettre et obéir est tout à fait contraire aux penchants orgueilleux du cœur de l'homme.
Plein de cette dernière pensée, et par un égard délicat pour les inférieurs, Paul leur rappelle à eux d'abord le devoir de la soumission : à la femme, (Ephésiens 5.22) aux enfants, (Ephésiens 6.1) aux serviteurs. (Ephésiens 6.5) C'est ainsi qu'il individualise son précepte général : "Soumettez-vous les uns aux autres."
Mais, s'ils doivent se soumettre et obéir à cause de Christ, et comme à Christ que les supérieurs représentent, ceux-ci, à leur tour, sont tenus d'exercer leur autorité selon le même sublime principe, et ainsi les uns et les autres doivent se rencontrer dans une soumission commune au commun Maître. De là, chez les uns, une manière de commander caractérisée par la charité et la douceur, et chez les autres une plus grande facilité à obéir.