En exhortant maintenant ses frères à ne plus se conduire comme les païens, l'apôtre décrit l'état moral de ces derniers. Ce passage est classique comme description de l'homme absolument privé de la Révélation de Dieu.
Ce qu'il y a de plus élevé en lui, ses facultés intellectuelles (l'entendement Ephésiens 4.17, la pensée qui est l'acte de cet entendement, Ephésiens 4.18) sont tombées dans la vanité, c'est-à-dire le vide, le néant, et dans les ténèbres. (Comparer Romains 1.21 ; 8.20)
Cela vient de ce que les païens sont devenus étrangers à la vie de Dieu, à cette vie véritable dont Dieu seul est la source, et sans laquelle l'homme reste dans la mort. C'est là l'athéisme pratique dont l'apôtre a parlé ci-dessus (Ephésiens 2.12) et qui est l'effet du péché.
Enfin, Paul indique deux causes de cet état : l'ignorance, mais une ignorance qui a elle-même une cause morale : l'endurcissement du cœur.
Le cœur est le siège des affections et du sens moral ; en sorte que ces facultés morales participent à la même déchéance que les facultés intellectuelles. De là le mot qui suit : (Ephésiens 4.19) ayant perdu tout sentiment de remords ou de honte, et de là aussi les conséquences nécessaires dans la vie pratique.