Ces mots : et lui-même a donné, reportent la pensée sur Ephésiens 4.7,8 et se attachent immédiatement à Ephésiens 4.10.
Mais, d'après ces versets, on s'attendait à voir l'apôtre énumérer des dons divers (charismes) ; et au lieu de cela il désigne ici des hommes et des charges dans l'Eglise. C'est qu'en effet lui-même (Christ) donne à la fois les charges qu'il institue, les hommes capables de les remplir, et les dons de son Esprit, sans lesquels tout le reste n'est rien.
Les apôtres, les envoyés immédiats de Jésus-Christ, ses témoins authentiques, sont avant tous les autres ; ils réunissent en eux à la fois toutes ces charges, et l'enseignement de tous les autres doit être jugé d'après le témoignage apostolique, même celui des prophètes. (1Corinthiens 14.37)
Les prophètes étaient moins revêtus d'une charge permanente que dépositaires d'un don, qui consistait à parler des choses de Dieu par révélation ou du moins sous une influence puissante de l'Esprit de Dieu, qui mettait momentanément le prophète bien au-dessus de son état spirituel ordinaire. (Voir 1Corinthiens 12.10 et 1Corinthiens 14)
Les évangélistes, ainsi que ce nom l'indique, étaient chargés d'annoncer de lieu en lieu la bonne nouvelle ; ils étaient souvent des compagnons d'œuvre des apôtres, comme Timothée et Tite.
Les docteurs avaient le don spécial et la charge de l'enseignement.
Les pasteurs enfin, appelés autrement anciens, ou surveillants (évêques), devaient paître, nourrir, diriger les troupeaux. Il faut remarquer toutefois que Paul réunit les deux derniers titres pasteurs et docteurs (sans article), parce que, dans sa pensée et dans les faits, tout pasteur devait en même temps être capable d'enseigner. (1Timothée 3.2 ; 1.9)
- Ces charges et ces dons n'étaient pas tellement distincts, que le Seigneur, parfaitement libre de les dispenser comme il veut, n'ait pas trouvé bon d'en réunir souvent plusieurs dans le même homme ; ni tellement permanents, que l'on puisse, sans empiéter sur les droits de Dieu, prétendre les stéréotyper dans l'Eglise. D'autre part, c'est assurément une institution fort défectueuse que celle qui a fini par absorber tous ces emplois en un seul, le pastoral moderne !