Tel est le mystère. (Ephésiens 3.3. note.) Paul appelle ainsi toute vérité divine ou tout fait divin que l'homme ne peut connaître que par révélation. Ici il s'agit du fait de la participation de tous les peuples à la grâce de Dieu en Jésus-Christ. On sait combien les disciples de Jésus eurent de peine à comprendre et à croire cette miséricorde de Dieu ; il fallut qu'elle fût directement révélée à Pierre, (Actes 10) comme plus tard à Paul, (Ephésiens 3.3) et longtemps elle rencontra une opiniâtre résistance de la part des chrétiens judaïsants, grand sujet de lutte pour l'apôtre des Gentils.
- Quand il dit que ce mystère n'a pas été révélé aux générations précédentes, il veut dire qu'il ne le fut pas avec la clarté avec laquelle il fut manifesté ensuite par l'Esprit aux apôtres et prophètes (voir sur ces mots Ephésiens 2.20, note) ; car les prophéties de l'Ancien Testament sont déjà remplies de la grande promesse du salut pour toutes les nations de la terre. (Esaïe 55.5 ; 2.2,3 ; 19.19,22-25)
Mais c'est par l'Evangile seulement que parut dans tout son jour ce grand fait que Paul décrit (Ephésiens 3.6) par trois expressions d'une signification profonde. (Comparer Ephésiens 1.23 ; 2.15,16 ; comparez Ephésiens 2.20, note.)
- L'épithète de saints appliquée aux apôtres et prophètes (Ephésiens 3.5) peut étonner sous la plume de Paul. Cette expression est insolite et semble inspirée par la vénération dont un âge postérieur entourait les fondateurs de l'Eglise. De Wette et d'autres ont fait de cette expression (comme de celle de Ephésiens 2.20 le fondement des apôtres et prophètes) un argument contre l'authenticité de l'épître. Mais il faut remarquer que saint veut dire, dans le langage de l'Ecriture, mis à part, consacré et non, parfait, accompli. Dans ce sens, ce qualificatif est attribué aux prophètes de l'Ancien Testament ; (Luc 1.70) et, par Paul lui-même, à tous les membres de l'Eglise. (Ephésiens 1.1 ; Philippiens 1.1 ; Colossiens 1.2,6)
Quoi d'étonnant dès lors que l'apôtre l'emploie pour désigner ceux qui sont constitués en dignité au sein de l'Eglise et qui sont les organes particuliers de l'Esprit de Dieu ? (Comparer Ephésiens 3.8)