11 à 22
Ce que vous étiez, et ce que vous êtes devenus.
Cette particule indique une conclusion tirée par l'apôtre, non seulement de Ephésiens 2.10, mais de tout ce qui précède. (Ephésiens 2.1-8)
L'œuvre de rédemption et de régénération, accomplie par la grâce de Dieu pour tous les croyants, Juifs ou païens, a apporté, surtout dans l'état de ces derniers, un changement qui, s'ils y réfléchissent, les pénétrera de reconnaissance et d'admiration. Afin de réveiller en eux ces sentiments, l'apôtre leur rappelle leur état précédent, et le décrit en quelques traits énergiques, de manière à leur en faire sentir de nouveau toute la profonde misère. (Ephésiens 2.11,12)
Puis il se hâte de les relever par la pensée que Dieu les a égalés et réunis à son peuple, avec lequel désormais ils forment un seul peuple, une seule famille de Dieu, une seule Eglise. (Ephésiens 2.13-22)
C'est donc pour la seconde fois dans ce chapitre (comparez Ephésiens 2.1-8) que l'apôtre trace un parallèle saisissant entre l'état de ténèbres et de mort où vit l'homme naturel, et les glorieux privilèges dont la grâce de Dieu est la source. Rien n'est plus propre à augmenter, dans le cœur du chrétien, la reconnaissance et l'amour pour son Dieu que la méditation de ce qu'il était et de ce qu'il serait sans les immenses bénédictions de l'Evangile.
"Au regard des péchés passés, il y a un souvenir de plaisir et d'infidélité, qui détruit la grâce ; un souvenir de défiance et d'inquiétude, qui arrête les progrès de la grâce : mais il y en a un de douleur et de reconnaissance, qui fait naître la grâce."Quesnel.
Grec : "Appelés prépuce par ce (les Juifs) qu'on appelle circoncision en la chair faite de la main" (des hommes). L'apôtre, voulant rappeler à ses lecteurs leur état précédent dans le paganisme, le fait en se servant des termes méprisants usités parmi les Juifs, mais de manière à montrer clairement et délicatement qu'il les désapprouve, et que ce qu'il trouve de regrettable dans cet état, ce n'est pas l'absence de la circoncision, institution vaine à ses yeux lorsqu'elle n'est qu'en la chair et faite par la main des hommes, (comparez Romains 2.28,29) mais l'absence des grâces précieuses dont les païens étaient alors privés, et qui sont décrites au verset suivant.