Deux choses également merveilleuses s'offrent à la vue de ceux qui ont les yeux de leur cœur éclairés par le Saint-Esprit :
1° l'espérance des glorieuses richesses de l'héritage que Dieu réserve aux saints ; (Ephésiens 1.18) cette espérance est désignée ici d'abord, par sa cause efficiente, la vocation, qui a lieu par la prédication de l'Evangile, ensuite, par son objet qui est l'héritage, dont Paul ne saurait donner l'idée complète, malgré la magnificence des termes qu'il emploie ;
2° l'expérience de la puissance infinie que Dieu a déployée pour les amener à la foi, et pour les renouveler par cette foi. (Ephésiens 1.19)
Cette puissance est telle, que l'apôtre la compare à celle qu'il a fallu pour ramener le Sauveur d'entre les morts et le faire asseoir à la droite de la majesté divine. (Ephésiens 1.20)
Ou plutôt, ce n'est point là une comparaison, mais une profonde réalité : la puissance divine de résurrection et de vie par laquelle Jésus-Christ est sorti du tombeau, est la même qui tire un pécheur de la mort spirituelle en le faisant demeurer dans une communion vivante avec Jésus, et qui, au dernier jour, lui assurera la vie et la perfection éternelles. Dans tous ces sens, Christ est pour nous la résurrection et la vie (Comparer Romains 8.11, note.)
Cette profonde vérité est pour l'apôtre tellement évidente, qu'en parlant en termes accumulés de cette puissance infinie de Dieu envers nous, dont nous sommes les objets, pour nous amener à croire, (Ephésiens 1.19) il passe sans transition au déploiement de cette même puissance dans la résurrection de Christ.
Ces deux actes de la puissance divine, ces deux grandes manifestations de la vie divine sont identiques dans l'expérience du chrétien. (Comparer Ephésiens 2.6) Ceux donc qui ne voient dans la résurrection de Jésus-Christ que le garant extérieur de la nôtre, restent à la superficie du sujet ; et ceux qui n'y voient qu'un fait historique sans importance, n'ont absolument rien compris du christianisme.
Fait asseoir à sa droite, expression figurée, empruntée aux usages des rois de la terre, et qui indique la toute-puissance divine donnée au Fils de Dieu après son triomphe. (Matthieu 28.18 ; comparez Psaumes 110.1 ; Matthieu 20.21)