1 à 4 Moïse monte sur le Nébo.
Le voyageur Tristram décrit ainsi la vue qui se déroula devant ses yeux depuis le sommet d'une montagne qu'il avait tout lieu de prendre pour le Pisga :
Le jour était clair. Au sud s'étendaient la chaîne des Abarim et de lointains horizons ; à l'est la fertile Belka, océan de blé et de prairies allant se perdre jusque dans l'Arabie ; à l'ouest la mer Morte, miroir de métal, au-delà de laquelle se dressait le plateau de Juda, avec Hébron, les collines de Bethléem, le mont des Oliviers et l'église qui le surmonte ; plus près, la plaine de Jéricho, avec le cours sinueux du Jourdain. Au-delà, ce sommet arrondi, c'était le Garizim ; plus loin encore, l'ouverture de la plaine d'Esdraélon, le Carmel, et quelque chose comme la mer... ; au nord-ouest le Thabor, aisément reconnaissable, et le mont Guilboa. Le Hermon aux neiges éternelles avait son sommet couvert d'un nuage qui voilait aussi le Liban ; mais directement au nord les sombres forêts de Galaad étendaient leurs grandes vagues au-dessus desquelles se dressaient ici et là de hardis sommets.
Galaad jusqu'à... L'énumération suivante est celle des pays que contempla Moïse d'un regard circulaire allant d'abord droit au nord par Galaad jusqu'à Dan, puis tournant à l'ouest par les montagnes de Nephthali, revenant au sud par Ephraïm et arrivant à Juda et au Négueb, l'extrémité sud de Canaan ; après quoi son regard se porte sur le premier plan, immédiatement au pied du Nébo, l'Araba et la mer Morte, du nord (Jéricho) au sud (Tsoar). Tous les noms employés dans cette énumération appartiennent à un temps postérieur à la conquête, et celui de Dan, qui ne peut désigner que l'ancienne Laïs, au pied du Hermon, doit même être postérieur au temps des Juges (Genèse 14.14) ; voir au verset 10.